Le verdict de la honte

La condamnation de 24 détenus politiques sahraouis par la Cour militaire de Rabat à des peines allant de deux ans à la réclusion à perpétuité a été vivement condamnée et critiquée par le président sahraoui, Mohamed Abdelaziz, conforté par Amnesty International. 
En réaction au verdict de la honte, le SG du Front Polisario a dénoncé les peines « sévères », « illégales » et « injustes » prononcées à l’encontre de ces détenus appelés « groupe Gdeim Izik » en référence à leur arrestation après les événements survenus dans ce camp près d’El Ayoune occupée, à l’automne 2010. 
Le président sahraoui a qualifié les peines prononcées à l’encontre de ces détenus de « nouvelles violations commises par l’Etat marocain depuis son occupation illégale du Sahara occidental, le 31 octobre 1975 ». Il a estimé que ce procès représente un acte provocateur et un coup porté aux efforts de l’ONU en faveur d’une « solution urgente et juste au conflit du Sahara occidental ». Il a réitéré son appel à l’ONU pour « assumer son entière responsabilité ». M. Abdelaziz a appelé la communauté internationale à l’« intensification des efforts pour libérer les détenus et dévoiler les graves violations commises par l’Etat marocain contre les Sahraouis ». 
Le recours à l’arbitraire est ainsi perçu par l’ambassadeur sahraoui à Alger, comme la preuve irréfutable de « l’échec de la politique marocaine et de l’imminence de la victoire » du peuple sahraoui. Par ailleurs, le directeur d’Amnesty international pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, Philip Luther, a dénoncé le procès qui « ne répondait pas aux règles internationalement reconnues ». 
Dans un communiqué, ce responsable a insisté sur le fait que « tous les observateurs internationaux et les représentants d’organisations humanitaires présents au procès ont exprimé le même point de vue : la faiblesse des preuves dans cette affaire ».
Samira B.
HORIZONS