Les prévenus nient catégoriquement les chefs d’accusation

RABAT, APS – Les prisonniers sahraouis auditionnés lundi par le tribunal militaire de Rabat dans le cadre du procès du « groupe Gdeim Izik » ont nié catégoriquement les chefs d’accusation portés contre eux, affirmant que leurs activités se limitaient à l’action politique pacifique en faveur des droits du peuple du Sahara occidental, a constaté l’APS.
Les quatre prévenus auditionnés dans la matinée ont notamment souligné que les chefs d’accusation étaient « sans fondement » et qu’ils n’étaient pas responsables des évènements tragiques qui se sont produits au camp de Gdeim Izik, proche d’El-Ayoun occupé, au Sahara occidental, suite à son démantèlement, le 8 novembre 2010, par les forces marocaines.
« Nous sommes contre la violence. Nous sommes des militants pacifiques pour le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination », ont-ils tenu à réaffirmer, dénonçant, dans ce cadre, les actes commis lors du démantèlement du camp, le 8 novembre 2010, par les forces marocaines.
Environ 40.000 Sahraouis avaient, à l’automne 2010, élu domicile à Gdeim Izik où avaient dressé quelque 3.000 tentes pour « défendre leurs droits politiques, économiques et sociaux », rappelle-t-on.
Les prévenus ont précisé, à cette occasion, que le campement a été mis en place pour montrer les conditions de vie des Sahraouis qui souffrent notamment de « pauvreté », de « marginalisation » et d’ »oppression » et dénoncer la politique de l’Etat marocain au Sahara occidental.
Ils ont également relaté les conditions de leurs arrestations et les traitements « inhumains » qu’ils ont subis avant la signature des procès-verbaux, tout en déclarant que le tribunal n’avait pas de « légitimité » pour les juger.
Les 24 Sahraouis, en détention depuis plus de 27 mois, sont notamment accusés d’ »atteinte à la sécurité intérieure et extérieure de l’Etat, formation d’une bande criminelle et atteinte aux fonctionnaires publics dans le cadre de l’exercice de leur fonction ». Ils risquent la réclusion à perpétuité.
Plusieurs ONG internationales de défense des droits de l’homme, des intellectuels et avocats ont réclamé leur libération « inconditionnelle », dénonçant la comparution de civils devant un tribunal militaire.