Voyage au cœur de l’imzad et du blues mauritanien

Une soirée musicale animée par la chanteuse Maalouma mint Elmeddah, de Mauritanie, et la troupe Imzad de Tamanrasset s’est tenue, dimanche soir, au stade El Chahid Mohamed Gassab au coeur de la ville de Sétif dans le cadre de la 8ème édition du Festival Arabe de Djemila.
A travers ce concert, les organisateurs espèrent participer à la sauvegarde du patrimoine mémoriel saharien et de l’expression artistique des hommes et des femmes des montagnes du Hoggar, de faire connaître la diversité de notre patrimoine local et de montrer aussi au public la richesse du patrimoine mauritanien. Devant un public assez nombreux, tous âges confondus, le groupe imzad ou Caravane d’imzad, composé de 15 musiciens à l’instar du chanteur et directeur artistique du groupe, Hassen Dadi, la chanteuse kabyle Djamila, le chanteur mozabite Mohamed Hadjoudja et des chanteurs targuis a assuré son spectacle intitulé Amour et Paix représentant plusieurs tableaux tirés de la vie quotidienne du citoyen algérien, mêlant la parole et les mélodies composant le riche patrimoine musical algérien. Le groupe a, en effet, émerveillé le public par sa simplicité et sa musique à travers les sons de l’imzad, modeste instrument monocorde, symbole de l’expression de la culture et du patrimoine saharien. De nombreuses familles venues après la salat tarawih voir ce spectacle, haut en couleur, ont été émerveillées par les différentes facettes du patrimoine musical local, mélangeant savoureusement différents styles musicaux originaux et thématiques comme l’amour, l’identité et la nostalgie. 
Entamant son programme musical par Matabkich Ya Djamila, El 3abdawiya et Hada, le chanteur Hassen Dadi séduira l’assistance. A son tour, la chanteuse kabyle, Djamila, a poursuivi la soirée en chantant Esniwa i Fandjanan et Ya Zin. Le chanteur targui, Anaslem Hassen, quant à lui, a emporté l’assistance vers des sentiments tantôt d’amour, tantôt de nostalgie et de la douleur, en interprétant Tahra Manin ou La fille que j’aime…tu es mon unique amour et Tisnit Itma ou La souffrance de mes frères. Animant un point de presse, la secrétaire générale de l’association Sauver l’imzad, Badiaa Ben Charef, a précisé que cette association a été créée en 2003 à Tamanrasset et avait pour objectif de préserver l’art de l’imzad. «Notre grand souci est celui de préserver cet instrument ancestral, âme de la culture touareg, cet instrument monocorde joué exclusivement par des femmes», soulignera-t-elle. Notant, dans ce sens, qu’il ne reste actuellement que quelques vieilles femmes qui savent jouer de cet instrument. L’oratrice a précisé, par ailleurs, que l’association s’investit sur plusieurs activités, notamment l’organisation de conférences sur l’imzad ou des festivals internationaux sur la culture du Hoggar. Comme elle organise des concours des meilleures joueuses d’imzad et des concours de danse et de chants. 
Pour sa part, la chanteuse mauritanienne Maâlouma Bent Meddah est montée sur scène accompagnée de son ardin (instrument à 13 ou 20 cordes), interprétant plusieurs chants mystiques, inspirés des profondeurs de la musique blues mauritanienne et du madih, à l’instar de la chanson Ya Rab, Nabiyina Mohamed Sayidou El 3alamina. S’en suivront d’autres : Tyour El-Oued ; El-Khiyala ; Walfi et Guamli ou Il me réveille. Le public s’est délecté de ces chansons inspirées de la musique blues et qui ont, tout à fait, satisfait son goût et ses attentes. Une ambiance joviale reflétée, surtout, par tous ces lampions réfléchissant les magnifiques couleurs mêlant le rouge, le vert et le jaune. 
La chanteuse Maâlouma Bent Meddah a déclaré, lors d’un point de presse animé juste après son concert, qu’elle était fière de sa participation à ce festival et fière de représenter la musique et la culture mauritanienne qui, selon elle, n’ont pas de limites. Parlant de la musique mauritanienne et des instruments utilisés pour jouer cette musique, l’oratrice a fait savoir que parmi les principaux instruments de la musique mauritanienne figure l’ardin. «Un instrument apparenté à l’harpe et joué par les femmes en Mauritanie», soulignera-t-elle encore. A noter que la cinquième soirée du festival sera animée par le chanteur irakien, Hatem Al-Iraqi et le groupe Bania Diwan El-Djazaïr. De notre envoyé spécial à Sétif,
MEHDI ISIKIOUNE