Afflux de «clandestins» marocains en Algérie

Poussés par la misère et le chômage
Il ne se passe pas un jour sans que l’on nous signale l’arrestation, ici et là, de ressortissants marocains entrés illégalement en Algérie, et ce, à la recherche d’un emploi après des années de misère passées au Maroc. Depuis janvier passé, près de 1 000 immigrés clandestins marocains ont été arrêtés en Algérie, dont 62 ont été interpellés la semaine passée.
Dans les trains, à bord des bus, à l’intérieur des taxis et parfois dans les chantiers des particuliers, de plus en plus de ressortissants marocains, entrés clandestinement en Algérie sont arrêtés. Ils sont jeunes et leur âge varie entre 20 et 38 ans, ces immigrés clandestins d’origine marocaine, ont réussi à passer la première ceinture sécuritaire, et ce, au niveau du tracé frontalier de plus de 400 km, séparant l’Algérie du Maroc. Une fois avoir mis les pieds sur le sol algérien, ces jeunes marocains vont se regrouper sous forme de trois à cinq individus pour se rendre dans les villes de l’Ouest du pays. Quelles sont les raisons qui ont poussé ces centaines de marocains à se rendre en Algérie ? S’agit-il de la misère et la pauvreté qui sont derrière cette vague humaine ? Plusieurs jeunes marocains arrêtés récemment pour immigration clandestine, ces derniers expliquent qu’ils ont vécu la misère et la pauvreté dans leurs villes natales, sises au Maroc. Oujda, cette ville frontalière située à quelques dizaines de kilomètres de l’Algérie, a connu ces dernières semaines une baisse sensible de ses activités commerciales, voire des plus dures depuis l’année 1994, date de la fermeture des frontières algéro-marocaines. Partant de cette situation, les jeunes de cette ville marocaine se sont retrouvés sans aucun revenu, surtout qu’ils sont au chômage. Vivant dans une misère insupportable, nombreux sont les jeunes marocains qui ont décidé de se rendre en Algérie, dans la clandestinité, et ce, pour dénicher un emploi qui leur permettra de survivre. Généralement, il s’agit de jeunes ouvriers, spécialisés dans la fabrication de faux plafond, dans la platrerie de plafonnage, cloison, peinture et tous types de travaux de maison. Ces derniers, une fois arrivés en Algérie, sont vite sollicités par des particuliers algériens, à la recherche d’un très bon spécialiste de faux plafonds pour garnir leurs maisons. En plus, beaucoup de particuliers préfèrent faire appel aux ouvriers marocains, car les ouvriers marocains n’exigent pas de grosses sommes, et n’ont d’autres choix que d’avoir un emploi et survivre.
A Chlef, Tlemcen, Oran, des marocains interceptés pour immigration clandestine
Le 25 juillet passé, les gendarmes de la brigade de Tadjena, sise à Chlef, ont présenté devant le Procureur de la République près le tribunal de Ténès, deux ressortissants marocains, interceptés dans un bus, un jour avant, pour immigration clandestine. Ils ont été placés sous mandat de dépôt. A Tlemcen et durant le même jour, les gendarmes de la section de recherches de Tlemcen, ont présenté devant le Procureur de la République près le tribunal de Remchi, deux ressortissants marocains, interpellés, la veille, pour immigration clandestine. Ils ont été placés sous mandat de dépôt. Le 24 juillet dernier, les gendarmes de l’Escadron de Sécurité Routière de Tlemcen, en service de police de la route au carrefour formé par les RN.98 et 35, ont interpellé deux immigrants clandestins marocains à bord d’un véhicule taxi se dirigeant vers Oran. Ils ont été remis aux gendarmes de la brigade de Zenata pour enquête. 
Le 18 juillet passé, cinq jeunes marocains, entrés illégalement en Algérie, sont arrêtés dans la ville d’Oran, alors qu’ils cherchaient du travail, d’autant qu’ils sont des ouvriers de métier.
C’est à partir d’une simple fouille ordinaire des cinq marocains que, les gendarmes de la brigade de Bir El Djir ont fini par découvrir qu’il s’agit d’immigrés clandestins. Présentés, le 19 juillet, devant le Procureur de la République près le tribunal d’Oran, les cinq ressortissants marocains, interpellés ont été placés sous mandat de dépôt.
Par Lotfi Itou


Les Débats, 28/07/2012