Le président Abdelaziz : «L’élection de Zuma est une victoire de l’Afrique anti-coloniale»

La cérémonie de clôture à la 3ème université d’été, dénommée « Université Ahmes Ben Bella », des cadres du Front Polisario en lutte pour la libération du Sahara Occidental a connu des moments forts, notamment après les prises de parole de la direction du Maghreb et du Macherk au Ministère des Affaires Etrangères de l’Afrique du Sud et de Pierre Galand, président de la Coordination Européenne de Solidarité avec le Peuple Sahraoui.


Le discours de clôture du Président sahraoui, Mohamed Abdelaziz, n’a pas manqué d’y faire référence chaleureusement. Il n’a pas failli non plus à la tradition de passer en revue les derniers faits marquants de la politique dans la région du Maghreb et en Afrique. A ce propos, le Président sahraoui a mis en relief l’importance de l’élection de Mme Zuma à la tête du Conseil de l’Union africaine récemment à Addis Abéba. Selon lui, «c’est la victoire de l’Afrique anti-coloniale et qui augure d’une nouvelle ère pour les peuples en lutte, notamment pour le dernier peuple colonisé d’Afrique, à l’instar du peuple sahraoui.» 

Dans la foulée, M. Abdelaziz a souligné «la victoire de la diplomatie algérienne, représentée par Lamamra, qui a grandement contribué à cette élection.» Dans ce sens, il a mis en avant que « le monde a compris la position particulière acquise par l’Algérie et qui en fait un acteur incontournable dans la région et dans le continent.» Il a exprimé la position de son peuple pour un règlement politique de la crise malienne avant de dénoncer «les graves dérapages du Maroc pour son refus de reconnaître M. Christopher Ross comme émissaire de l’ONU pour le problème du Sahara Occidental. 

Pour le président sahraoui : «C’est un refus de la loi et de la légitimité internationale». Si les politiques de blocage du processus de négociations pour l’organisation d’un référendum sur l’autodétermination du peuple sahraoui sont refusés, «le plus grave est le soutien d’une puissance occidentale.» La référence à la France est sans équivoque. Et de résumer l’attitude marocaine : «le Maroc déstabilise le Maghreb». Faut-il y lire non seulement les différents trafics qui se sont multipliés ces dernières années, notamment de la drogue vers l’Algérie, mais aussi les graves accusations sur l’existence de groupes terroristes «encouragés» par le makhzen au Mali. 

Enfin, le président du Sahara Occidental s’est adressé au Conseil de sécurité pour qu’il «exerce des pressions sur le pouvoir au Maroc pour le respect de la réglementation internationale, pour que le Minurso poursuive sa mission de préparation au référendum en toute indépendance, pour la libération des détenus politiques, pour que toute la lumière soit faite sur les 651 disparus, sur la fin du pillage des ressources et richesses du peuple sahraoui et pour la levée du siège militaire marocain sur les territoires sahraouis occupés. 

Signalons que cette université d’été a vu la participation de plus de 400 cadres du Front Polisario dont pour la première fois 50 représentants des territoires occupés et du sud du Maroc. Enfin, pour la petite histoire une de ces participantes a donné naissance à un garçon durant l’université. Elle l’a prénommé Ahmed Ben Bella, ce qui lui a valu des félicitations et des cadeaux des personnalités présentes à la cérémonie.
SADEK