Le double discours, double jeu de Rabat

Par Abbès Zineb
Algérie1, 20/06/2012

La monarchie marocaine qui nargue explicitement la légalité internationale semble exceller dans le double jeu, le double discours dans la question du Sahara occidental.
Les récentes déclarations du président de la chambre des conseillers Mohamed Cheikh Biadillah à la chaîne marocaine M2 montrent la duplicité du makhzen qui alterne les discours mielleux et les actes obstruant toute avancée dans le dossier de décolonisation du Sahara, pris en charge pourtant par l’ONU.
« La régionalisation avancée constitue une main tendue et un cœur ouvert pour que les jeunes sahraouis de Tindouf regagnent la mère-patrie la tête haute, avec une grande confiance dans un État respectueux qui leur ouvre constamment ses portes » a déclaré le responsable marocain, quelques semaines à peine avec le retrait de confiance exprimé par le royaume de Mohamed 6 à l’égard du représentant du secrétaire général de l’ONU, M. Christopher Ross.
Christopher Ross, les droits de l’Homme violés et la démocratie promise
En soufflant le chaud et le froid, la monarchie marocaine tente d’imposer son plan d’autonomie (ou régionalisation avancée) aux sahraouis qui réclament de leur côté l’indépendance de leur pays, annexé par le Maroc en 1975, à la fin de la colonisation espagnole de ce territoire.
Le président de la chambre des conseillers a aussi affirmé que » la régionalisation avancée assure, également, aux habitants des provinces du sud des moyens matériels, humains et juridiques en droite ligne avec les dispositions de la Constitution qui leur permettent d’administrer la région en toute liberté et démocratie au sein du Maroc uni et dans le cadre de la souveraineté marocaine ».
La MINURSO était espionnée par les services marocains
Drôle de liberté et de démocratie quand on sait que les sahraouis sont soumis à des traitements dégradants et autres atteintes des droits de l’Homme, dénoncés aussi bien par le secrétariat d’État américain que le représentant du SG de l’ONU, Christopher Ross.
D’ailleurs, ce dernier a subi les foudres de Rabat à cause justement de son rapport qui exige l’amélioration de la situation des droits de l’Homme dans les territoires occupés du Sahara et qui dénonce certains comportements des services de sécurité marocain à l’égard même de la mission de l’ONU (MINURSO), comme des soupçons d’écoutes téléphoniques de ses membres ou le contrôle par les services marocains de l’accès au quartier général de la MINURSO à Laâyoun.
Par ailleurs, que le discours marocain soit mielleux ou violent, il ne manque jamais d’intégrer l’Algérie pour l’impliquer dans un conflit marocco-sahraoui. La position de l’Algérie est pourtant claire et se contente de soutenir l’action des Nations unies en toute légalité internationale.
Rabat ne manque jamais d’impliquer l’Algérie
Poursuivant le saupoudrage de son discours, Biadillah a affirmé sans rougir que le choix marocain d’accorder l’autonomie au Sahara occidental (ou de rejeter l’option de son indépendance, c’est selon), permettra au royaume chérifien « d’édifier avec nos voisins algériens le grand Maghreb (qui) peut devenir un bon interlocuteur pour l’Europe dans le sud de la Méditerranée et le garant de la sécurité et de la paix dans la région ».
Il a affirmé que la régionalisation avancée est de nature à résoudre le différend autour du Sahara et permettra aux sahraouis de gérer leurs propres affaires dans un cadre garantissant « un parlement élu, un gouvernement régional élu et tous les pouvoirs, hormis ceux des Affaires étrangères et de la Défense ». Rien que cela !
Algérie1, 20/06/2012