Les Sahraouis espèrent la visite de Ban Ki-moon

Après le retrait de confiance marocain à l’émissaire spécial des Nations unies , Christopher Ross, à la suite du rapport accablant le Royaume et la remise en cause de sa visite dans les territoires occupés, le Sahara Occidental attend l’arrivée du SG de l’ONU dans les plus brefs délais, a souligné, avant-hier, l’ambassadeur de la République arabe sahraoui démocratique à Alger, Brahim Ghali. « L’actuel secrétaire général est le seul qui ne s’est pas rendu dans les territoires occupés et seule sa visite sur place fera bouger le dossier du Sahara Occidental », a indiqué M. Ghali. 
La RASD fonde ses espoirs sur le SG de l’ONU et demande aux membres de son Conseil de sécurité de prendre une décision dans les plus brefs délais pour permettre au peuple sahraoui de jouir de son droit à l’autodétermination car seule cette démarche est garante de l’avenir de ce peuple et de l’aboutissement des négociations avec la coopération inconditionnelle du Maroc pour résoudre le conflit entre les deux parties. Pour lui, « le Maroc a fait le choix de retirer la confiance à Ross pour retarder sa visite dans les territoires occupés où le peuple sahraoui subit un génocide et une atteinte aux droits de l’Homme sans pareils ». Ainsi, « le royaume a opté pour la solution la moins compromettante pour lui ». 
Pour rappel, la visite de Ross devait intervenir avant la rédaction du rapport qui, d’ailleurs, « fait état de la situation des droits de l’Homme dans les territoires occupés au Sahara Occidental, malgré sa révision à deux ou trois reprises dans le but d’écarter certains points », a-t-il signalé. Sur cette question, le rapport du Conseil de sécurité est un point positif pour les Sahraouis, a-t-il noté. « Le Maroc se met en porte-à-faux avec les décisions de l’ONU et toutes les résolutions du Conseil de sécurité et avec la légalité internationale », a-t-il relevé en ajoutant que cette position marocaine aura pour conséquence « l’instabilité de la région » et représente « une menace sur la paix ». Selon lui, « quand le colonisateur se dérobe des résolutions de l’ONU, cela signifie qu’il prépare autre chose ». La Minurso (Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara Occidental), dont le mandat a été prorogé jusqu’au 30 avril 2013, demeure « impuissante » face à l’armée marocaine. Ses membres à El Ayoune n’ont pu se rendre en zone de conflit qu’après le 4e jour suivant la répression
Fella M.
Horizons, 03/06/2012