Les frontières explosives

La sécurité des frontières est le gros souci des autorités algériennes. 6427 kilomètres répartis entre sept pays voisins à savoir : Maroc, Mali, Libye, Tunisie, Niger, Mauritanie, et Sahara occidental. Pas évident de garder l’œil pour protéger l’Algérie, le plus grand pays du Maghreb. La révolution libyenne qui a amené la chute puis la mort du dictateur Mouammar Kadhafi est venue compliquer les choses en ce sens que les armes circulaient à tout va. Une occasion en or pour les éléments d’ Aqmi pour s’infiltrer. La menace était si forte que l’Algérie a dans un premier temps posté quelque 7.000 gendarmes avec cinq bataillons militaires, puis dans un deuxième temps, a dû se résigner à fermer les frontières avec ce pays d’autant que la chute de l’ancien régime n’a pas réussi à ramener la paix. 
La réunion interministérielle à laquelle a été convié le ministre de l’Intérieur, Daho Ould Kablia, devra renforcer la coopération en matière de sécurisation des zones frontalières, une priorité aussi bien algérienne que libyenne. L’Algérie forte de son expérience va aider le pays voisin à constituer une armée ainsi qu’une police pour les besoins. La guerre civile en Libye, selon un rapport de l’Onu, aurait permis à des groupes africains armés de mettre la main sur de vastes caches d’armes revendues à des activistes d’Aqmi avec la «baraka» des rançons. La secte Boko Haram du Nigeria entretient elle aussi des liens avec Aqmi et le Niger s’en inquiète également. 
Du côté du Mali, les autorités ont du fil à retordre avecles Touaregs qui réclament l’indépendance du Nord, certains parmi eux auraient combattu en Libye avec des armes comme butin. C’est dire que les frontières libyennes et des pays du Sahel sont une poudrière. 
Le sous-secrétaire d’Etat américain à la Défense pour le renseignement est venu discrètement aux nouvelles concernant la coopération en matière de lutte contre le terrorisme et le crime organisé. Il serait un spécialiste de la collecte d’informations sur Al Qaida et son dada, c’est de vouloir « éliminer » tous ces gens-là. L’Algérie, le Maroc, le Tchad , le Niger, le Mali, la Mauritanie, aussi.
Par : Soraya Hakim
Le Midi Libre, 12/3/2012