MBM détiendrait les trois humanitaires kidnappés à Tindouf

ALORS QU’AQMI TUE DEUX OTAGES AU NIGERIA APRÈS UN RAID BRITANNIQUE 
Alors que l’assassinat de deux otages européens au Nigeria continue d’alimenter la polémique au sujet du vrai commanditaire, après que Boko Haram eut démenti toute implication dans leur mort, de nouveaux témoignages sont venus, de la Mauritanie, perturber la thèse de l’enlèvement par un groupe inconnu jusque-là, la «Djamaât ettawhid oua eljihad en Afrique de l’Ouest», des trois humanitaires des camps de réfugiés de Hassi Rabouni, près de Tindouf, il y a quatre mois. Selon le témoignage de salafistes mauritaniens, cité par Info Nouakchott, très proche de l’information djihadiste pro-Aqmi, les trois humanitaires enlevés à Tindouf seraient vivants et entre les mains de Mokhtar Bel Mokhtar, dit «Khaled Abou al- Abbès», et dont le nom est communément abrégé en MBM. 
Les coopérants enlevés sont Ainhoa Fernandez de Rincon, originaire d’Extrémadure, dans le sud-ouest de l’Espagne et membre de l’ «Association des Amis du peuple sahraoui d’Extrémadure», et Enric Gonyalons, originaire de Majorque aux Baléares, membre de l’association Mundabat, ainsi qu’une Italienne, spécialisée dans l’aide humanitaire. Selon ces sources, les ravisseurs ont convoyé les otages kidnappés des camps humanitaires de Hassi-Rabouni «vers l’ouest». Cet ouest peut être la Mauritanie, ou peut-être le Burkina- Faso, comme l’affirment des sources sécuritaires. La Mauritanie n’est éloignée que de 70 km de Hassi-Rabouni. 
Ces témoignages interviennent en même temps que la mort des deux otages européens, un Italien et un Britannique, tués, lors d’un raid, jeudi, visant à les libérer au nord du Nigeria. Le groupe «Ansar Ehl es-Sunna lit-taouhid oua el-djihad», communément appelé «Boko Haram» par les médias européens a démenti, vendredi, toute implication dans cette affaire. «Nous ne sommes pas derrière la prise d’otage qui a conduit à l’opération militaire d’hier à Sokoto, au cours de laquelle les otages ont été tués», a déclaré un porte-parole du groupe islamiste nigérian. Jeudi matin, les forces de sécurité nigérianes, avec un appui des Britanniques, ont mené une opération contre une maison à Sokoto, dans l’extrême nord-ouest, où étaient détenus les deux otages, enlevés en mai 2011. Les deux otages, Christopher McManus, citoyen britannique de 28 ans, et Franco Lamolinara, un Italien de 48 ans, tous deux ingénieurs, ont été tués. 
S’il s’avère que c’est Aqmi -qui tue automatiquement les otages à chaque fois que leur pays intervient militairement au Sahel- qui en est l’auteur, les choses pourraient se compliquer pour la douzaine d’autres otages détenus, dont six français, ingénieurs à Areva, et que Paris tente de «récupérer», même en payant le prix fort par l’intermédiaire des agents de la DGSE, actuellement très présent au Mali et au Niger.
Fayçal Oukaci
Le Courrier d’Algérie, 11/3/2012