Gendarme mauritanien relâché par AQMI : Les enjeux d’une libération

La stratégie d’Al Qaida au Maghreb a changé sur le terrain suivant, surtout, les données et la situation dans le Sahel. La rébellion azawadie qui a éclaté, subitement au nord du Mali a complètement été suivie par les tentatives d’Aqmi de gagner la confiance du Mouvement National pour la Libération de l’Azawad (MNLA). Ainsi, Aqmi vient de relâcher un gendarme mauritanien, d’origine azawadie , appartenanat effectivement à une tribuazawadie . L’enjeu est de taille, car Aqmi cherche, avant tout, de se rapprocher du MNLA et par là, du peuple de l’Azawad, afin que ces derniers s’accordent avec la ligne  »Aqmie ». Pis, des attaques d’Aqmi ont été perpétrées ces dernières semaines ciblant des troupes maliennes et ce, en guise de « soutien » au MNLA. Un soutien refusé par le MNLA, faut-il le signaler.
La nébuleuse organisation terroriste Al Qaida au Maghreb Islamique (Aqmi) vient de relâcher, officiellement, le gendarme mauritanien, d’origine azawadie, détenu depuis des mois, et l’otage italienne, enlevée en octobre dernier au Sud Algérien, toutefois en contre partie de l’ échange d’un terroriste malien et, plus important, contre une rançon qui aurait été payée par les autorités italiennes, apprend-on de source sûre. Ces deux libérations ont eu lieu, quelques jours seulement, après l’attaque kamikaze qui avait ciblé le siège du Groupement de la Gendarmerie Nationale à Tamanrasset. Mieux, avec la libération du gendarme mauritanien, d’origine azawadie, Al Qaida au Maghreb tente de se « rapprocher » davantage du Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA),qui essaye de le séduire par ces « gestes » prétendument humanitaires envers le peuple azawadi. Le but, bien entendu, est d’avoir autant de combattants dans les rangs d’Aqmi, surtout que beaucoup d’Azawadis sont livrés à eux-mêmes et totalement « abandonnés » par les autorités maliennes. Un terrain fertile qui peut jouer au profit d’Al Qaida, toutefois, le MNLA a, à maintes reprises refusé de collaborer avec Aqmi, d’autant qu’il s’agit d’une organisation terroriste. Ainsi, Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a libéré, hier, un gendarme mauritanien qu’elle retenait en otage depuis le 20 décembre dernier après l’attaque d’un poste de gendarmerie dans le sud-est du pays, a affirmé un porte-parole d’Aqmi à l’agence mauritanienne d’information (ANI). « Le gendarme Ely Ould Moktar, enlevé le 20 décembre passé de son unité d’Adel Begrou (sud est), est désormais libre et se trouve en bonne santé », indique un communiqué de l’état-major de la gendarmerie mauritanienne repris par l’Agence mauritanienne d’information (AMI, officielle). Un porte-parole d’Aqmi a confirmé, hier, dans un entretien avec l’Agence privée en ligne Nouakchott Info (ANI) la libération du gendarme et indiqué que cet élargissement est intervenu après un « échange » avec un terroriste malien, détenu en Mauritanie, qui « s’est déroulé directement, sans intermédiaire ». « Une unité de la gendarmerie mauritanienne est venue dans la nuit de vendredi à samedi à la frontière (mauritano-malienne) remettre (le Malien) Ould Meddou à nos combattants et récupérer le gendarme », a précisé le porte-parole d’Aqmi. Ajouter à cette libération, l’ autre otage italienne, enlevée quant à elle depuis plusieurs mois à Illizi. Cette dernière a été relâchée, toutefois plusieurs sources affirment qu’une rançon a été payée par les autorités italiennes.
Par Lotfi Itou
Les Débats.com, 11/3/2012