Et après la liste des agréments, quoi ?

par Ali Lmrabet
Après la divulgation de la liste des heureux bénéficiaires d’un ou de plusieurs agréments de transport, le gouvernement Benkirane devrait aller plus loin et révéler aux Marocains ceux à qui on attribué des licences de pêche, autrement plus juteuses, ou des carrières de pierre et de sable.
Nous savons plus ou moins qui sont les bénéficiaires de ces licences et la capacité de nuisance de certains d’entre eux, surtout ceux qui sont dans le métier des armes. Mais c’est du devoir du gouvernement de nous dire, documents à l’appui, au nom de la « bonne gouvernance » qui a bénéficié durant toutes ces années de ces licences alors que matériellement leurs bénéficiaires n’en avaient vraiment pas besoin.
C’est évident, avec les noms qui émergent de la liste du ministère des transports, que ces agréments ont enrichi des gens qui étaient déjà riches. Car enfin, l’actuelle ambassadrice du Maroc à Londres, « Cherifa Lalla » Joumala El Alaoui, cousine du roi, a-t-elle vraiment besoin de transporter des voyageurs de Fnideq à Nador par la « route côtière » ?
Par contre, les attributions de plusieurs agréments à Miloud Tounzi etAbdelkader Saka, impliqués dans la disparition de Mehdi Ben Barka, avaient bien pour but de récompenser ces sombres personnages pour la sale besogne accomplie en 1965.
Maintenant, il faut dire que cette opération, voulue ou non par le Palais, tombe à pic pour le souverain. Avec cette affaire de révélations la presse marocaine a un os à rogner pour un bon bout de temps. Un temps précieux qu’utilisera le Palais pour faire oublier le contenu de deux livres qui viennent d’être publiés en France et qui mettent à mal la monarchie de Mohamed VI et son goût immodéré pour l’argent, l’abus de pouvoir et la prédation.
Ali Lmrabet
Demain, 1/3/2012