Le chef d’Africom : «Al-Qaïda impliquée dans le trafic d’armes libyennes»

La présence d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) en Libye et son implication directe dans le soutien à l’intervention de l’OTAN qui a conduit à l’assassinat de Kadhafi ont permis à la nébuleuse terroriste de récupérer une quantité d’armes non déterminée. Ce fait est aujourd’hui reconnu par le Haut commandant des forces américaines pour l’Afrique (Africom), le général Carter Ham, qui s’exprimait lors d’une audition tenue mercredi devant la Commission des Forces armées de la Chambre américaine des représentants (chambre basse du Congrès). «Il y a des indications claires qu’AQMI est désormais impliquée dans le trafic d’armes en provenance de Libye», a-t-il souligné, ajoutant que «les bouleversements politiques en Libye et en Tunisie ont créé des opportunités pour AQMI afin d’y établir de nouveaux refuges».
Le général américain a cité les efforts de coopération de l’Algérie, du Niger, du Mali et de la Mauritanie dans la lutte contre AQMI. Pour M. Ham, les problèmes-clés de sécurité pour Africom et ses partenaires sont les activités d’Al Qaïda et de ses affiliés au Maghreb et au Sahel ainsi qu’en Afrique de l’Est. «A travers le continent africain, le trafic illégal (prolifération des armes, trafic de stupéfiants et des êtres humains) et son lien avec les organisations extrémistes violentes constituent une menace importante à la stabilité régionale et aux intérêts nationaux des Etats-Unis», a-t-il affirmé.
Il a souligné qu’AQMI «continue d’accroître ses activités en Afrique du Nord et de l’Ouest, tout en collectant de grosses sommes d’argent par le biais d’enlèvements contre rançon». Il a fait savoir qu’en janvier 2012, «l’Algérie avait intercepté un convoi de quatre véhicules qui transportaient plus de 100 fusils d’assaut, deux lance-roquettes (RPG) et des munitions, soupçonnés d’être d’origine libyenne».
Messaoud Mekhlaf