Que fait l’ONU des « mesures de confiance » au Sahara Occidental occupé ?

C’est dans le cadre des mesures de confiance mises en place par le UNHCR pour permettre aux familles sahraouies déchirées par le conflit de se retrouver que M Lhrittani Lahcen est arrivé vendredi 24 février à El Aaiun occupée par un vol Tindouf El Aaiun affrété par l’ONU.

Une seule voiture de l’ONU a conduit M Lhrittani Lahcen vers sa famille, devant la maison de laquelle stationnaient plus de 40 véhicules de la police et des forces auxiliaires marocaines, et étaient déployés au moins 300 policiers. Ce déploiement paramilitaire n’est pas caché et les agents des Nations Unies l’ont parfaitement vu. Rien n’a été fait pour prévenir des violences qui ont suivi.
Cette force répressive est présente en très grand nombre dans les villes occupées du Sahara Occidental à chaque fois qu’un Sahraoui d’une certaine renommée retrouve sa famille pour les 5 jours des « visites familiales ».

Cette visite a été l’occasion pour les sahraouis d’affirmer et de crier ensemble leur identité, et leur lutte pour l’autodétermination, sur la voie de la décolonisation du pays.
Une heure après l’arrivée de M Lhrittani Lahcen, les 600 personnes invitées aux réjouissances ont été attaquées par la police. La tente de la réception a été dévastée et de nombreux sahraouis ont reçu des coups de matraque ou des pierres. Une vingtaine de blessés est à déplorer selon l’association ASVDH et d’autres sources nationales ou internationales.

Le Pacha, Mohamed Ennachtti et le chef de police, Youssef Maghfour (voir photos), étaient sur place et ont ordonné l’attaque.

L’ONU, à travers la Minurso ou le UNHCR a la mission de protéger les Sahraouis et elle ne le fait pas. Les agents de l’ONU assistent aux ballets des policiers marocains qui s’approvisionnent en pierre à la plage de Foum el Oued ou sur les bords de l’oued Saguia El Hamra, pour ensuite caillasser les sahraouis en toute occasion de manifestations pacifiques ou de réunions ou festivités privées.

La mission de l’ONU pour la mise en place du référendum est présente au Sahara Occidental occupé depuis le cessez-le-feu de 1991. Le vote n’a toujours pas eu lieu, et faute de mandat adéquat, les agents de l’ONU ne font rien pour protéger les Sahraouis. La Minurso semble même manipulée, contrôlée par les Marocains et avoir perdu son indépendance. Cela a été particulièrement visible lorsque ses agents ont été enfermés lors de l’attaque du campement de Gdaim Izil en novembre 2011, laissant le Maroc frapper, incarcérer, torturer et tuer les civils sahraouis sans témoins.


EM, Sahara Occidental occupé
Le 28 février 2012

APSO-INFO, 28/2/2012