ONU : La décolonisation du Sahara occidental au menu

Par Rabah Iguer
A deux semaines de la reprise des pourparlers informels entre le Front Polisario et le Maroc, le comité onusien des 24 chargé de plancher sur les questions de décolonisation a entamé ses travaux où figure notamment la question du Sahara occidental. La session annuelle du Comité spécial chargé d’étudier l’application de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance, ou Comité spécial des 24, a été donc ouverte, jeudi dernier au siège de l’ONU à New York. Le Sous-secrétaire général aux affaires politiques, Oscar Fernandez-Taranco, a lu un message du Secrétaire général de l’ONU qui invite la communauté internationale à progresser pour achever le processus de décolonisation et permettre ainsi aux 16 derniers territoires non autonomes, dont le Sahara occidental, de parvenir àl’autodétermination. Ces territoires abritent deux millions de personnes, a rappelé M. Ban Ki-moon, dans son message.
Pour que l’objectif d’autodétermination soit réalisé, il faudrait que toutes les parties concernées puissent participer de manière constructive au processus, a-t-il souligné, en citant notamment le Comité des 24, les puissances administrantes et les territoires non autonomes eux-mêmes. Le Comité des 24 peut développer des approches innovantes et créer de nouvelles dynamiques, a estimé le Secrétaire général. C’est pourquoi, il l’a invité à établir de véritables partenariats pour chaque situation, afin de mener jusqu’au bout le processus de décolonisation. 
Il a aussi souligné l’importance cruciale de la communication, tant officielle qu’informelle, entre le Comité spécial et les puissances administrantes. Le Secrétariat de l’ONU continuera à apporter son assistance au Comité des 24 dans la mise en œuvre de son programme de travail, a assuré M. Ban Ki-moon. Après avoir adopté l’ordre du jour provisoire de sa session, qui devrait s’achever avant la fin juin 2012, le Comité spécial a élu son président, Diego Morejon Pazmino, de l’Equateur. «La disparition définitive du colonialisme archaïque et la naissance d’un monde de peuples libres, indépendants et jouissant pleinement de la capacité de s’ «autogouverner» était l’un des principaux objectifs que l’humanité s’est fixés», a rappelé le Président du Comité spécial. 
Alors que la communauté internationale célèbre, cette année, la troisième Décennie internationale de l’élimination du colonialisme (2011-2020), M. Pazmino a souhaité que le Comité spécial aborde aussi les aspects économiques, sociaux et environnementaux qui concernent les territoires non autonomes, en particulier à l’approche de la Conférence des Nations- Unies sur le développement durable (Rio+20) qui se tiendra en juin. «Si l’évaluation de l’état actuel du processus de développement des peuples de la planète est nécessaire, il ne faut cependant pas oublier les territoires non autonomes», a-t-il dit, en soulignant qu’ils subissaient à la fois les incidences négatives de la crise économique et financière et celles des changements climatiques.
M. Pazmino a expliqué que le Comité avait aussi pour tâche de recueillir des informations utiles en ce qui concerne la situation sur le terrain dans les territoires non autonomes.Le séminaire annuel du Comité, qui aura lieu cette année dans la région du Pacifique à la mi-mai, contribue de façon significative à ces travaux, a-t-il insisté. Le Comité des 24 devra également analyser les autres modalités qui permettent de mieux connaître les situations de chaque territoire, que ce soit par le biais de missions spéciales, de tables rondes ou de réunions d’échanges de vues.