L’UMA à petits pas

Par : Soraya Hakim
La réunion des ministres des Affaires étrangères en terre marocaine va-t-elle faire prendre des couleurs à l’UMA ? Tous ces temps-ci il en a été beaucoup question et les pays concernés sont fermement décidés à passer à la vitesse supérieure dans le domaine des relations économiques. La création d’une communauté maghrébine est un souhait à cœur et la poursuite de la réforme de l’Union n’est pas en reste. La récente tournée maghrébine de Moncef Marzouki participe de sa volonté de briser les barrières qui entravent l’Union maghrébine et est porteuse d’un espoir de la renaissance de l’UMA. 
A cela, Il propose un sommet maghrébin dans le courant de l’année . Va-t-il mettre sur le tapis les questions épineuses qui ont divisé le Maroc et l’Algérie quand bien même on ressent, depuis décembre 2011, une tiédeur. L’autodétermination du peuple sahraoui reste un principe sur lequel l’Algérie ne reviendra pas. Elle reste fidèle au serment de Novembre en étant aux côtés des opprimés. Le Maroc de son côté n’est pas décidé à céder une once sur la colonisation. Pas facile de démêler l’écheveau. Leurs relations sont ponctuées d’amour mais aussi de désamour. Alors difficile de tourner la page, les contentieux existent toujours. Mais alors sur quoi ces deux pays pourraient-ils s’entendre et coopérer pour concrétiser cette union ? Tant que chacun n’aura pas mis son ego de côté, la chose parait peu probable. 
En attendant d’ouvrir la boîte de Pandore, on mise sur les relations économiques qui redonnent une nouvelle dynamique pour les deux pays encore faut-il une volonté politique. Alors pour donner un gage de bonne volonté on organise des sessions, des rencontres, des sommets pour trouver une petite porte de sortie sur l’impasse. Une impasse plombée avec la fermeture de la frontière terrestre algéro-marocaine handicapante pour le développement socio-économique. L’année 2012 devrait être porteuse d’espoir, alors si rapprochement il y a, – ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué – nul doute qu’il se fera à petits pas. 
Le Midi Libre, 18/2/2012