Marzouki : « créer les conditions psychologiques qui vont permettre la solution de ce problème du Sahara »

Moncef Marzouki : Pour l’union du Maghreb, nous devons passer de l’incantatoire a l’opératoire»
Après le Maroc, le président tunisien Moncef Marzouki, est arrivé en Mauritanie vendredi 10 janvier. Il finira sa tournée maghrébine par Alger. Après un entretien avec le président Mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, Marzouki a indiqué que la Mauritanie a donné son accord pour la tenue d’un sommet de l’UMA. 
Le président tunisien avait reçu le même engagement du Royaume du Maroc. Par rapport a ce sommet, le président tunisien a dit « Nous allons nous réunir pour passer de l’incantatoire à l’opératoire. L’objectif est de nous dire que nous sommes tous conscients des nécessités, nous voulons changer quand, comment et avec quel planning. C’est ça l’objectif de la réunion qui, je l’espère, se tiendra à Tunis. Mais c’est une décision des cinq chefs d’État. Je peux seulement vous assurer que nous sommes tous dans cette logique du concret. »
Le samedi 11 janvier, le président Tunisien a donné une communication portant expérience de la révolution tunisienne au palais des congres de Nouakchott. Il avait face à lui des membres du gouvernement mauritanien et des représentants de la société civile. Toujours au palais des congres, après sa communication, Moncef Marzouki a donné une conférence de presse dont voici quelques extraits
Question : Est-il possible de construire un Maghreb intégré sans le règlement définitif de la question du Sahara Occidental ?
Il ne faut Absolument pas faire de la question du Sahara Occidental un préalable. Il faut absolument avancer dans la construction du Maghreb. Ce faisant, nous allons créer les conditions psychologiques qui vont permettre la solution de ce problème du Sahara.
Question : Récemment, des jeunes maghrébins ont organisé un congrès à Nouakchott. Ils ont dit préférer l’appellation « Union du Maghreb démocratique » a « Union du Maghreb Arabe.» Pour un espace géographique constitué d’arabes et de non arabe, quelle est l’appellation la plus inclusive ?
Moi, je suis connu comme rabe, arabophone. Qu’à cela ne tienne, je voudrais qu’il n’y ait pas de problèmes. Le Maghreb est divers, il a une personnalité amazir, une personnalité africaine, une personnalité multiple. Et, ça ne me gène absolument en aucune façon de dire Union Maghrébine exactement comme on dit Union africaine ou Union Européenne. On n’a pas besoin de donner au Maghreb une étiquette particulière. C’est pour ça que dans mes discours, je parle de l’Union Maghrébine pour ne pas susciter ce genre de questions qui n’a plus de place. Aujourd’hui la question n’est pas de savoir si on est arabe, amazir, négro-africain…Aujourd’hui, on est maghrébin, on est multiple et il faut maintenant nous mettre tous ensemble pour résoudre les problèmes sociaux économiques, créer un espace commun ou nous nous développons tous et gardons tous notre diversité culturelle qui, encore une fois, est une richesse pour le Maghreb et non un handicap.
Question : Que pensez-vous de la situation sécuritaire au nord Mali ?
Pour ce qui est de la situation sécuritaire aux frontières sud du Maghreb, elle nous inquiète. Il y a beaucoup d’armes qui circulent. Il ya deux phénomènes. Le phénomène touareg, c’est un mouvement politique avec lequel il faut discuter politiquement. J’espère que mes amis maliens ne m’en voudront pas si je dis que nous souhaiterions vraiment qu’il y ait une approche politique de ce problème.
L’autre phénomène, c’est celui dit d’AQMI. Nous avons beaucoup de doutes sur son coté idéologique. C’est plus des problèmes de criminalité pure et simple. Il est donc important que l’ensemble des pays riverains traitent de cette question de façon sécuritaire, bien entendu dans le cadre des États de droit.
Khalilou Diagana