Maghreb : Union économique avant l’union politique?

Écrit par Nazim Salah
M. Marzouki croit dur comme fer que la constitution de ce bloc permettra une meilleure prospérité pour les peuples de la région. «Avec les cinq libertés (liberté de circulation avec une simple carte d’identité, de travail, d’installation, de propriété, de participation aux élections municipales), nous pouvons donner un très grand coup d’avance à la construction du Maghreb, avec l’espoir d’avoir, par la suite, un vrai Parlement maghrébin qui jouit de vrais pouvoirs, une vraie cour constitutionnelle à la lumière du schéma adopté par les Européens», a-t-il expliqué. 
Et d’ajouter avec le même optimisme, né du départ du régime de l’ancien président Zine Al-Abidine Ben Ali : «J’espère que nous allons la relancer avec ce nouveau tournant qu’a pris la région du Maghreb après les révolutions de la Tunisie et de la Libye et les transformations qui s’opèrent actuellement en Algérie et au Maroc qui vont plus dans le même sens, celui des réformes et l’ouverture des régimes à la volonté de leur peuple. Tout cela me laisse espérer de remettre le Grand Maghreb en marche. Ce sont-là nos attentes».
 
Revenant justement sur l’occupation marocaine du Sahara occidental, le président tunisien, cet ancien militant des droits de l’homme, préfère laisser l’Organisation des Nations unies s’occuper de ce problème. Il dira, à ce propos, que «quand vous avez un obstacle que vous ne pouvez surmonter, il faut le contourner. Moi, j’appelle à contourner cet obstacle, c’est-à-dire continuer à organiser le Maghreb avec les cinq libertés, continuer à discuter et laisser ce problème, pour le moment, entre parenthèse, le laisser à l’ONU qui s’en est emparé. Je ne dirais pas que ce problème n’existe pas. Il existe et nous ne pouvons fermer les yeux». 
Récemment, le ministre des Affaires étrangères marocain, Saâd-Eddine El-Othmani, s’est rendu en Algérie pour discuter de nombreux sujets dont la relance de l’Union maghrébine. Il avait, en effet, évité d’aborder la question du Front Polisario, tout comme l’a évité de le faire aussi son homologue algérien, Mourad Medelci. Lors de cette visite, il était surtout question de la coopération économique, énergétique et universitaire, entre autres, que de politique. Le président tunisien semble prôner la même voie pour la relance de l’Union du Maghreb. Autrement dit, peut-on commencer d’abord par une union économique du Maghreb en attendant d’aller vers une union politique et monétaire comme cela était le cas sur le Vieux Continent ?