Sommet de l’UA: Marzouki le Maghrebin ?

 par Habib Ofakhri
 
Pour sa première participation à un sommet de l’Union Africaine (UA) à Addis Abeba , le président Mohamed Moncef Marzouki a plaidé dimanche en faveur de la réintégration du Maroc au sein de l’organisation pan – africaine et le contournement de la question du Sahara Occidental.

Objectif : faire émerger un nouveau Maghreb.

La proposition serait louable, si 3M avait explicité sa pensée.

A – t il été mandaté par Rabat pour jouer les bons offices ? Ou a-t-il exploré -maladroitement – une piste pour sortir l’union du Maghreb arabe (UMA) de sa longue léthargie ?

Il n’en demeure pas moins que le nouveau locataire du Palais de Carthage n’ignore pas que c’est le Maroc qui s’était retiré de plein gré en 1984 de l’OUA, ancêtre de l’actuelle UA.

L’admission à la majorité des pays membres de la république sahraouie démocratique ( Rasd) à cette organisation continentale avait suscité l’ire de Rabat qui occupe depuis 1975 le Sahara Occidental , ex colonie espagnole, acculant une partie du peuple sahraoui à l’exil sous les tentes de réfugiés à Tindouf et une autre partie à la matraque de la répression du régime Chérifien.

Le peuple sahraoui et son mouvement de libération nationale placés sous la bannière du Front Polisario lutte depuis des décennies, à armes inégales, contre l’occupant pour recouvrer sa liberté et sa dignité, c’est-à-dire son droit à autodétermination. Autant que tous les peuples colonisés de la planète.

D’ailleurs, les instances de l’Onu sont toujours saisies de cette question et ce … depuis les années 60. Et même, le régime marocain – toujours en place- avait reconnu en 1991 le Polisario en tant que représentant du peuple sahraoui sur la base d’un plan de règlement prévoyant un référendum sur l’autodétermination. S’en suivent depuis, maints rounds de pourparlers entre les deux parties. Les tergiversations marocaines et ses vaines tentatives de biaiser la démographie dans les territoires occupés (dits provinces du sud dans le jargon de l’occupant) ne menaient qu’à l’impasse.

Présente sur les lieux depuis avril 1991, à travers un représentant spécial et un contingent chargé d’organiser le referendum, l’Onu se doit d’assumer ses responsabilités de maintien « de la paix et de la sécurité « dans la région et dans le monde. Par l’application de ses résolutions pertinentes. La commission de décolonisation relevant de l’Onu est saisie jusqu’à ce jour de la double question sahraouie et… palestinienne. Et ce n’est que par la pleine reconnaissance ( et non par le contournement ) des droits inaliénables du peuple sahraoui et du peuple palestinien qu’on pourrait entamer le processus émergence d’un nouveau Maghreb et d’un nouveau Moyen –Orient .

Tiwinoo, 31/1/2012

2 Comments

  1. Sans gros mots c'est mieux!
    Oui il y a eu des erreurs des deux cotés (Maroc et Algérie/RASD). Maintenant, est-il normal qu'un problème de 200 milles personnes (originaires de la région en question) bloque le sort de 100 milions de personnes (maghrebins).
    Oui, il faut trouver une solution à ce problème. Non, il ne faut pas bloquer le Maghreb à cause de ça!

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