Adieu Mohamed Zaâf

Triste chronique que celle de ce mardi 31 janvier qui achève un mois de l’année 2012 et rappelle à Dieu notre collègue Mohamed Zaâf.

On le pensait rétabli, remis de son coup de froid qui l’avait affaibli quelques jours. Il était revenu à la rédaction sans se plaindre, pour reprendre ses croustillants papiers toujours plein de finesse. Des billets toujours empreints d’une subtile ironie quand il s’agissait de défendre la cause des opprimés ou celle de l’Algérie. Ponctuel, concentré sur son écran d’ordinateur, entouré de piles de journaux consciencieusement rangés comme pour garder l’info près de lui et la tourner en dérision ou y trouver les anomalies politiques que seuls les chroniqueurs savent relever… 

 
Mohamed Zaâf aimait aussi entretenir des conversations avec ses collègues, même les plus jeunes, pour faire part de son point de vue averti sur l’actualité. Un point de vue ultranationaliste, intransigeant sur les questions liées à son anticolonialisme viscéral. D’ailleurs, tout le monde reconnaissait avec un certain étonnement son endurance incroyable à défendre presque tous les jours, de sa plume talentueuse, le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. Un combat pour la liberté qu’il semblait connaître aussi bien que les militants de Laâyone ou de Dakhla. Son engagement le conduisant à des prises de position qui honorent sa mémoire, aujourd’hui qu’il nous a quittés et qu’il nous a transmis cette rageuse mais si juste solidarité envers les victimes de la violence du makhzen. Mohamed Zaâf va nous manquer. Il manquera à ses nombreux lecteurs habitués à ses tournures de style dans une langue française, dont la maîtrise parfaite ne l’a jamais empêché d’y greffer, avec beaucoup d’humour, ses pointes de la langue algérienne du terroir. A Mounir, son fils, notre collègue aussi sympa que son paternel, je voudrais adresser mes condoléances les plus sensibles en priant Dieu le Miséricordieux d’accueillir notre regretté Mohamed Zaâf en Son vaste paradis.
Nordine Mzalla
Le Jeune Indépendant, 31/1/2012

1 Comment

  1. Allah yarhmou, un grand homme tout en étant très modeste… très fin tout en étant dur… On aurait voulu lire un papier de toi ce cinquentenaire mais la volonté du Bon Dieu nous dépasse… tes papiers nous manquent beaucoup

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