Ouverture frontières Maroc-Algérie : En mai le sésame ?

La réouverture de la frontière algéro-marocaine fermée depuis 1994 devrait intervenir en mai prochain, nous annonce-t-on au lendemain de la visite du ministre marocain des Affaires étrangères et de la Coopération, M. Saâd-Eddine El Othmani.

Le gouvernement de la RADP «a entamé les préparatifs techniques en vue d’une réouverture prochaine de la frontière terrestre avec le Maroc», nous dit TSA citant des sources concordantes. Pour cette fois, M. Amar Belani s’est refusé à tout commentaire sur le sujet. Dire qu’il n’en est rien c’est offrir du grain à moudre aux amis qui veulent notre bien. Dire le contraire c’est… trop sur l’Algérie. Donc il valait mieux faire la carpe : «El foum el mezmoum ma teddoukhlou dhebbana», dit-on. Et puis cela doublerait probablement la satisfaction algéro-marocaine si la réouverture se faisait par exemple la veille d’un 13 mai, au lendemain de la compétition des législatives chez nous. Cela compensera la blague qu’on compte faire en toute sportivité aux cyclistes marocains puisque TSA nous dit qu’on maintiendra fermée la frontière alors que sa réouverture était prévue pour le temps de la compétition cycliste. Un geste amical sur lequel personne ne trouvera à redire. Donc le 1er avril on n’ouvrira pas la frontière à des sportifs comme annoncé mais on compte le faire plus tard sans que cela, soit annoncé. N’est-ce pas désorientant ? Pour argumenter leurs affirmations sur une soi-disant ouverture de la frontière en mai, les «sources concordantes» de TSA font état de préparatifs de la DGSN à cet effet. Mais n’est-il pas plus plausible de penser tout simplement que les préparatifs concernent le passage des cyclistes plutôt qu’une réouverture durable de la frontière, acte dont les ministres des deux pays se disputeraient la primeur de l’annonce ? La malheureuse question de la frontière n’est-elle pas assez sensible, assez importante pour les deux peuples pour qu’on prenne le risque d’en rajouter gratuitement aux illusions algéro-marocaines ? En Algérie comme au Maroc, personne ne veut se précipiter et tous veulent avancer à pas sûrs. Pourquoi emballer le moteur ?

Mohamed Zaaf
mohamed_zaaf@yahoo.fr

Le Jeune Indépendant, 28/1/2012