«Bienfaits» marocains à Laâyoune

Les forces marocaines ont réprimé sauvagement avant-hier une manifestation pacifique des populations autochtones à Laâyoune, la capitale occupée du Sahara occidental, indiquait-on hier de source sahraouie.

Les rassemblements dans les artères les plus importantes de la ville à l’instar de Maatallah, réclamaient deux choses : 

 
1) le droit à l’autodétermination et à l’indépendance du peuple sahraoui, 
 
2) la libération sans delai et sans conditions des prisonniers politiques sahraouis dont ceux arrêtés lors du démantèlement meurtrier du camp de Gdeim Izik. 
 
Le vendredi d’avant, il y a exactement une semaine de cela, les forces marocaines avaient fait des dizaines de blessés parmi les Sahraouis lors d’un sit-in convoqué pour les mêmes objectifs. Juppé et la France qui parlent de tous les cas de viol des droits humains par les dictatures arabes, turque et iranienne notamment, ne disent pas un seul mot sur les «bienfaits» que dispense leur protégé marocain à ses colonisés. Rabat ne fait que du bien, ne propose que du bien aux Sahraouis et c’est le Polisario, le mouvement qui se bat depuis 1973 pour arracher les droits imprescriptibles à l’autodétermination et à l’indépendance du peuple sahraoui qui fait figure de trouble-fête, voire d’un mouvement néo-fellaga aux yeux de Paris. Un parti pris à contre-courant de l’histoire qui suscite la réprobation un peu partout, comme ce fut le cas récemment en Espagne où plusieurs organisations locales ont saisi l’occasion de la visite de Sarkozy pour l’exhorter à accorder une priorité dans sa politique étrangère au droit international en ce qui concerne le conflit du Sahara occidental. Peut-être qu’on demande au prochain partant pour Marrakech d’envisager une «modération» à l’image de celle qu’on réserve au cinquantenaire de notre ¾ d’indépendance. Une date qui va être «votre fête», nous apprend-on d’Alger. Pour le moment, on fait la fête aux Sahraouis. Au Sahara occidental, les répressions se suivent et se ressemblent : les Marocains tapent sur les Sahraouis et la France couvre au Conseil de sécurité. Comme ses alliés sionistes, le commandeur des croyants est assuré de l’impunité. Le comble, c’est que Juppé dit sans complexe les préoccupations françaises sur la situation des droits humains dans les camps sahraouis de la Hamada.

M. Z.
mohamed_zaaf@yahoo.fr

 
Le Jeune Indépendant, 21/1/2012