Les détenus DE Gdaïm Izik jugés le 13 janvier par un tribunal militaire à Rabat

L’Association internationale des juristes pour le Sahara occidental a lancé un appel aux juristes et avocats internationaux afin de se rendre à Rabat pour assister au procès des militants sahraouis de Gdaïm Izik.
Pour rappel, au moins 23 prisonniers sahraouis comparaîtront vendredi prochain devant le tribunal militaire de Rabat. Ce groupe a été arrêté après le démantèlement par les forces marocaines du camp de Gdaïm Izik. Ayant observé plusieurs grèves de la faim pour réclamer un procès civil équitable ou leur libération, les 23 Sahraouis ont été détenus pendant plus d’un an sans jugement, avant l’annonce de leur comparution devant la cour martiale. Ils sont actuellement incarcérés dans la prison marocaine de Salé.
D’autre part, l’Association des amis de la RASD-France (AARASD) a dénoncé, dans un communiqué, le jugement des 23 prisonniers sahraouis de Salé par un tribunal militaire, alors que ce sont des civils, «arrêtés pour avoir revendiqué tout simplement et pacifiquement le droit de leur peuple à l’autodétermination».
L’AARASD-France, qui a démarré depuis avril 2011 une campagne de parrainage de ces prisonniers sur son site Internet, assistera au procès «pour observer son déroulement». 
«C’est un tribunal militaire qui devrait juger des civils, et ce en dépit de toutes les recommandations des associations des droits de l’homme et du comité des Nations unies contre la torture, avec des dossiers d’instruction assez invraisemblables», s’est indignée l’association, qui se félicite, cependant, que ce procès va enfin avoir lieu «après une longue grève de la faim (des prisonniers) et une pression des associations solidaires et des droits de l’homme significative».
Cette association, présidée par Mme Régine Villemont, a estimé que «la libération de tous les prisonniers politiques sahraouis, arrêtés pour délit d’opinion, s’impose et doit être au plus vite exigée par toutes les institutions compétentes composant la communauté internationale, celle-là même qui défend, en vain, depuis 1966 le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui». 
Pour l’AARASD, la récente décision du Congrès américain d’exiger du Département d’Etat de conditionner l’aide militaire aux forces armées marocaines par le respect de la liberté d’opinion et de circulation au Sahara occidental, est « un signal très important». Et de relever que, «pour la première fois, une grande puissance très proche du royaume reconnaît l’imposture de la situation qui prévaut au Sahara occidental depuis la signature du plan de paix».
Y. M.
Le Jeune Indépendant, 10/1/2012