Résoudre la crise de l’euro, un vœu commun pour 2012

Quelles sont vos résolutions pour cette nouvelle année ? Pour 2012, les présidents des groupes politiques du Parlement européen souhaitent la fin de la crise de l’euro. « Nous devons faire de nouveaux pas vers une intégration politique, économique et fiscale, et cela avec une plus grande détermination » a déclaré le Président Jerzy Buzek. Il espère aussi que soit réaffirmé le rôle central du Parlement européen dans les prises de décisions européennes.
« Mon vœu le plus cher pour 2012 serait la signature du pacte pour l’euro qui permettrait d’éviter l’endettement excessif des pays de la zone euro », annonce le Français Joseph Daul (Parti Populaire).
Au nom des Socialistes et démocrates, l’Allemand Martin Schulz explique que « dans le contexte de la crise, avec les tendances nationalistes et autoritaires dans certains Etats membres, nous voulons que l’Union européenne reste une union fondée sur les principes de démocratie et de solidarité ». 
Le Belge Guy Verhostadt (Libéraux et démocrates) espère « que les dirigeants européens réaliseront qu’ils doivent se mettre d’accord sur des mesures fortes et concrètes pour sauver la zone euro de la désintégration». Il prône « une forme de mutualisation de la dette ou une intervention renforcée de la Banque centrale européenne ».
« En 2012, l’UE devrait voir la crise de l’euro comme une opportunité pour créer une véritable union fiscale et politique », estime l’Allemande Rebecca Harms (Verts).
Le Britannique Martin Callanan (Réformistes et conservateurs) avertit que la crise ne pouvait pas « être résolue par l’introduction d’euro-obligations, par des renflouements sans fin, ou par d’autres discussions nombrilistes concernant les traités et les institutions. La situation économique ne sera pas facile cette année, à moins que nos dirigeants ne soient capables d’agir dans l’intérêt de toute la zone euro et demandent à un ou deux pays de la quitter ».
Au nom de la Gauche unitaire, l’Allemand Lothar Bisky souhaite « que la crise ne soit pas résolue au détriment des populations les plus marginalisées et vulnérables comme les jeunes, les travailleurs et les personnes âgées ».
« L’Europe est en train de devenir plus pauvre et moins libre. J’aimerais que le Portugal, l’Irlande, la Grèce et l’Espagne s’évadent de la prison économique que représente l’euro pour que leurs économies et démocraties puissent être relancées », mentionne enfin le Britannique Nigel Farage (Europe de la liberté et de la démocratie).
L’accent sur la compétitivité
De nombreux députés espèrent une relance de la croissance. « Les efforts doivent porter sur la croissance et l’emploi. La compétitivité et la croissance économique sont les seuls moyens de consolider le modèle européen d’économie sociale de marché », selon Joseph Daul.
Martin Callanan a indiqué que l’UE devrait considérer la compétitivité comme « primordiale » et donner la priorité « à la création d’emplois ». 
« L’UE doit accélérer sa transformation écologique et faire des efforts pour rester le chef de file de la lutte contre le changement climatique », insiste par ailleurs Rebecca Harms.
La paix dans le monde
Suite au Printemps arabe, Jerzy Buzek espère « que cette année le courage, le leadership et la croyance en la dignité humaine dont ont fait preuve nos partenaires méditerranéens se répandent dans d’autres parties du monde ».
Lothar Bisky souhaite que le monde avance davantage vers la liberté et la paix. Selon lui, il faut se concentrer sur les droits de l’homme et soutenir la résolution pacifique des conflits en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et au Sahara occidental.
Pour un Parlement fort
« Je ne veux plus que le Parlement soit écarté par les gouvernements nationaux dans les discussions cruciales concernant la crise de l’euro », souligne Rebecca Harms. 
« En 2012, plus que jamais, le Parlement européen devra agir avec détermination comme gardien de l’Europe unie, démocratique et solidaire que nous voulons », a renchéri Martin Schulz.
Les Libéraux et démocrates veulent que le Parlement européen « reste au cœur du projet européen, en défendant l’intérêt général contre la cacophonie des intérêts nationaux ainsi qu’en exerçant un contrôle démocratique sur les mesures européennes et les changements constitutionnels ».
Nigel Farage aimerait que le Parlement européen fasse campagne pour des référendums nationaux sur l’adhésion à l’UE « afin que les voix des peuples d’Europe soient entendues ».
« Mon vœu le plus cher serait de ne plus faire tous les mois la navette entre Bruxelles et Strasbourg », a conclu Martin Callanan.
REF. : 20120103STO34826
Parlement Européen, 5/1/2012