La voix des territoires occupés sarahouis resonne dans les enceintes européennes

Un seul printemps vous manque et tout est dépeuplé…

De notre bureau de Bruxelles, Aziouz Mokhtari
Soultana Java, H’mad Hammad, Mohamed Mayara et Brahim Sabbar sont des rescapés des geôles, des salles de tortures, de la Gégène et de la répression marocaine dans les territoires.

Les territoires sont la partie du Sahara Occidental occupée par le Maroc depuis 1975, depuis la marche sanguinaire, rouge de sang appelée cyniquement «Marche verte». Depuis trois jours, une délégation d’ex-prisonniers politiques, des victimes de la répression et du non-droit marocain était à Bruxelles à l’initiative de plusieurs eurodéputés, ONG activistes des droits de l’homme et observateurs du droit international. Soultana Jaya, un œil perdu et une joue abîmée par la police du Makhzen à Laâyoune, sauvée par le système de santé de Barcelone grâce aux réseaux de soutien catalans au peuple sahraoui. H’mad Hammad, plusieurs fois arrêté, piétiné, malmené, torturé dans le territoire, au Sahara- Occidental colonisé. Brahim Sabbar et Mohamed Mayara, véritables légendes, témoins vivants du massacre du peuple sahraoui, de leur peuple. Pourtant, Soultana et les autres ne sont ici, à Bruxelles, que pour rappeler l’Europe, la communauté internationale et le monde entier à leurs obligations et engagements envers les populations sahraouies. Pierre Galand, président de la Task-Force de soutien mondial au peuple sahraoui : «Nous voulons une chose, une seule : que les Sahraouis aient la possibilité, pendant une journée, d’exprimer et de dire ce qu’ils veulent et avec qui ils veulent être. Cela s’appelle l’autodétermination et c’est consigné dans la doctrine de l’ONU en matière de décolonisation.» 
 
Mohamed Sidati, ministre sahraoui auprès de l’Union européenne, préparateur politique du séjour des Sahraouis de l’Intérieur en Belgique a déclaré, au Soir d’Algérie : «Les Sahraouis ne sont pas ici pour demander l’aumône ou quémander autre chose que notre droit à l’autodétermination. L’Europe doit, c’est de sa responsabilité, exiger de son partenaire marocain qu’il se plie au droit et à la morale et accepter un référendum d’autodétermination pour notre peuple.» Il est vrai, comme nous le rappellera un eurodéputé, partisan de la cause sahraouie, que si printemps arabe il y a, il doit se lever pour le peuple des ténèbres. Autrement dit, un seul printemps vous manque, et tout est dépeuplé… Nous y reviendrons.
Le Soir d’Algérie, 1/12/2011