Après 32 jours de grève de la faim : Les détenus sahraouis déterminés à poursuivre leur mouvement

Après 32 jours de grève de la faim, les prisonniers sahraouis de la prison de Salé (près de Rabat) ont annoncé hier leur intention de poursuivre leur mouvement jusqu’à la satisfaction de leurs revendications.
Ces prisonniers dénommés «Groupe Gdaïm Izik», arrêtés lors du démantèlement par les forces marocaines du camp de Gdaïm Izik le 8 novembre 2010 près de Laâyoune (capitale du Sahara occidental), revendiquent l’amélioration de leurs conditions d’incarcération et la tenue d’un procès juste et équitable ou leur libération inconditionnelle. Ils ont affirmé dans un communiqué rendu public «avoir pris leurs responsabilités en décidant la poursuite de leur grève de la faim jusqu’à ce que leurs droits soient accordés».
La situation de ces détenus avait suscité la préoccupation de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) qui avait interpellé, récemment, le ministère de la Justice marocain sur les conditions de leur détention, rappelle-t-on. L’AMDH avait demandé au ministère de la Justice d’intervenir pour sauver la vie de ces détenus et d’agir immédiatement pour éviter le pire vu l’état inquiétant de leur santé.
Dans leur communiqué, les 22 prisonniers ont dénoncé «la politique d’indifférence et d’intransigeance du gouvernement marocain qui refuse de répondre à [nos] droits», tout en faisant état de la dégradation de leur santé, notamment pour cinq d’entre eux, qui se caractérise par des pertes de poids importantes, des problèmes rénaux, visuels, respiratoires et articulaires.
A cette occasion, ils ont lancé «un appel aux puissances internationales qui défendent les droits humains et la justice» afin de «faire pression sur l’Etat marocain pour libérer tous les prisonniers politiques».
La plupart de ces détenus sont des militants des droits de l’homme. Ils sont notamment accusés d’«atteinte à la sécurité intérieure et extérieure de l’Etat, de formation d’une bande criminelle et d’atteinte aux fonctionnaires publics dans le cadre de l’exercice de leur fonction». Ils risquent la réclusion à perpétuité. Suite à ces arrestations, des membres de leurs familles avaient observé plusieurs sit-in à Rabat pour attirer l’attention sur leurs conditions d’incarcération et réclamer leur libération.
Les familles des prisonniers sahraouis avaient lancé, le 1er novembre dernier, lors d’une conférence de presse organisée au siège de l’AMDH à Rabat, un appel à leur libération inconditionnelle ou à la tenue d’un procès juste et équitable devant la justice civile.
Cet appel était intervenu au lendemain du début de la quatrième grève de la faim observée par les prisonniers sahraouis depuis leur incarcération. Y. M.
Le Jeune Indépendant, 1/12/2011