Maroc : Les frontières du rêve

En l’absence d’une réaction officielle sur les fameuses «frontières authentiques» du royaume de Chamharouche, c’est le PLJ (Parti de la liberté et de la justice, de Mohamed Saïd) qui s’inquiète des conséquences du projet de Constitution marocain sur le Maghreb. Comme dans le cas du «Grand Israël», personne ne connaît où commencent et où finissent exactement les frontières du «Grand Maroc». 
 
Au Machrek, l’école sioniste parle d’un Israël qui irait du Nil à l’Euphrate, au Maghreb on pense à un Maroc qui partirait des terres ibériques au nord jusqu’au fleuve Sénégal au sud et des Iles Canaris à l’ouest jusqu’à Ain Salah chez nous à l’est. Pour les Algériens les «frontières authentiques» du Maroc, c’est là où elles sont fermées. Elles ne changeront pas, à moins de faire à notre tour une guerre de sécession à l’américaine pour en finir une bonne fois pour toutes avec les histoires de frontières et réaliser l’unité rêvée de père en fils. 
 
Vainement, à cause d’un royaume ou, comble de la drôlerie, le souverain revendique le titre de «Commandeur de croyants» des illustres Abu Bakr et autres Omar (Dieu les agréent) alors qu’il n’est qu’un roi qui accède au trône familial par héridité. Un sultan qui n’autorise l’émancipation des Marocains qu’au goutte-à-goutte alors qu’il est magnifié par les protecteurs d’en face.. 
 
Le Maroc d’aujourd’hui possède des frontières internationalement reconnues et aucun Etat ne lui reconnaît une quelconque souveraineté sur une quelconque parcelle ailleurs. Au-delà de ses frontières avérées, il n’y a et il n’y aura que des histoires dont la région peut parfaitement se passer. 
 
Le rêve mauritanien ne s’est-il pas estompé définitivement en 1963 entre les sables de Figuig et de Tindouf ? Rabat croit-il pouvoir accaparer le territoire sahraoui classé par les Nations unies comme territoire non autonome, comme un cas de décolonisation, sans l’accord référendaire des populations sahraouies ? A quoi est-il parvenu depuis l’occupation en 1975 ? Il reste aux yeux du monde un indu occupant, pilleur des richesses d’un peuple qu’il continue d’opprimer grâce à la complicité d’une France qui n’arrive toujours pas à saisir qu’il est désormais temps de laisser l’Afrique aux Africains.
M. Z. mohamed_zaaf@yahoo.fr
Le Jeune Indépendant, 28/06/2011