Le Maroc et les prisonniers de Salé

Ali SalemTamek, 38 ans, Brahim Dahan, 45 ans et Ahmed Naciri, 40 ans,  trois militants de droits de l’homme sahraouis détenus dans la prison de Salé depuis le mois d’octobre 2009, entament aujourd’hui une grève de la faim de 48 heures pour  protester contre les mauvaises conditions dans lesquelles s’est déroulé leur procès.
Il s’agit des plus notoires défenseurs des droits de l’homme aux territoires du Sahara Occidental occupés par le Maroc. Des disparus dans les années de plomb de Hassan II et ex-prisonniers de l’Intifada de 2005.
Plus d’un an d’emprisonnement sans jugement.  Leur délit? Officiellement, Rabat les accuse de haute trahison suite à une visite effectuée aux camps de réfugiés sahraouis à Tindouf, en Algérie. La vérité? Les gouvernants marocains les soupçonnent d’être les promoteurs de l’Intifada que les sahraouis mènent depuis 2005.
Ils étaient sept, les autorités marocains ayant accordé la liberté provisoire à Degja Lachgar, Saleh Leboihi, Rachid Sghayer et Yahdih Tarrouzi.
La libération du policier Moustapha Ould Sidi Mouloud a mis le gouvernement marocain dans l’embarras face aux organisations humanitaires internationales. La première conséquence de cette libération est venue du Tribunal Militaire qui déclara être incompétent pour résoudre l’affaire transférant l’affaire aux tribunaux pénaux de Casablanca. 
 
Face aux manques d’arguments et de preuves contre les militants pacifistes sahraouis, la justice marocaine amène à chaque séance des fauteurs de troubles déguisés en avocats pour menacer les accusés et les observateurs internationaux venus de partout dans le monde pour assister à leur procès.
Reporter leur procès est le seul moyen de les garder en prison sans les condamner.