Un 4ème round et… après

La complicité franco-marocaine empêche la résolution du conflit sahraoui
Les pourparlers entre les représentants du Polisario et ceux du Maroc ont repris pour la quatrième fois avant-hier à New York. Une réunion informelle censée encore une fois déblayer le terrain avant l’entame de véritables négociations sur l’avenir du Sahara occidental. Mais que pourrait apporter de nouveau cet énième round de discussions quand on sait que les précédents se sont soldés par un statu quo ? Un statu quo voulu, comme tout le monde le sait, par le royaume chérifien qui campe sur ses positions de ne faire qu’une seule et unique concession à ses vis-à-vis : l’autonomie du Sahara sous souveraineté marocaine. Comme si le Sahara occidental était considéré comme une province du royaume chérifien. Alors qu’il s’agit bel et bien d’une question de décolonisation, comme l’ont souligné les différentes résolutions adoptées par l’ONU, dont on vient de commémorer le cinquantième anniversaire à Alger ayant justement trait à la décolonisation et auquel, bien entendu, le Maroc n’a pas daigné prendre part. Il se serait parjuré. Mais tout comme l’Etat sioniste, le Maroc refuse non seulement d’appliquer des décisions d’une entité, dont il est membre, mais ne les reconnaît nullement. Il se sent même conforté dans ses positions par le soutien inconditionnel que lui apporte l’Hexagone sur cette question. Tout comme se sent conforté l’Etat sioniste par les soutiens de l’UE et des Etats-Unis. 
Aussi, on ne peut absolument rien attendre de ces discussions. Hasard du calendrier ou simple coïncidence, lesdites discussions ont débuté à la veille du procès (reporté à deux reprises) des sept militants sahraouis que les représentants marocains comptent certainement exploiter pour exercer des pressions sur la délégation du Polisario. Des militants incarcérés pour crime de revendication d’autodétermination. Des militants qui, à l’instar de leurs compatriotes d’El Ayoun, ont défié le régime marocain et exigé le droit de décider librement de leur avenir. 
Comme on le sait, la réponse ne s’est pas fait attendre. Répression, violence et incendie des tentes. Dès lors, la main tendue avec laquelle le Polisario s’est rendu à New York risque fort d’être rejetée par le Maroc qui ressasse que la solution, c’est l’autonomie. Et donc l’impasse avec tout ce que cela implique comme conséquences. Mais l’ONU sous l’égide de laquelle ces discussions sont menées, et qui sait pertinemment qu’elles seront un échec, n’est pas prête à prendre des sanctions contre Rabat, comme elle s’empresse de le faire pour les pays qui ne sont pas dociles aux exigences des puissants de ce monde.
Par Faouzia Ababsa
La Tribune d’Algérie,  18/12/2010