Le CNI espagnol pense que le Maroc attaquera l’Espagne

Le Maroc, attaquera-t-il l’Espagne? (Première partie)

L’équipe d’enquête de Région de Malaga s’est déplacée vers la capitale du Royaume pour interviewer un agent des services d’intelligence. Les conditions de l’interview ont été fixées pendant les semaines avant la rencontre. Notre interlocuteur, expert en Maghreb et terrorisme islamique, a accepté de répondre seulement aux questions liées au Maroc et le conflit de Ceuta et Melilla. Voici le résultat :

Nous sommes arrivés à l’heure au rendez-vous fixé dans un village de la chaîne de montagnes madrilène, loin des regards des curieux. Depuis le début, la conversation coule avec facilité. L’agent ne semble pas incommodé par l’interview. Il connaît les risques et les assume sans difficulté. On pourrait dire même qu’il s’en jouit. Après les salutations, nous allons directement au sujet. Nous n’avons beaucoup de temps, et notre agent non plus.

Q : L’opinion publique espagnole n’arrive pas à comprendre qu’est-ce qu’il y a derrière le conflit avec le Maroc – celui nié par le gouvernement. Y en a-t-il un lien avec la revendication marocaine de Ceuta et Melilla?

R : En partie, -il sourit ouvertement- il faut tenir en compte qu’une monarchie comme celle de Mohamed VI, théocratique et avec peu de libertés, a besoin d’un ennemi commun auquel jeter la responsabilité de tous les maux. Cet ennemi est l’Espagne. En plus, l’essence même de l’Etat du Maroc este basée sur ses conquêtes territoriales. Sidi Ifni, Sahara, Ceuta et Melilla, et après les ïles Canaries. Cependant, le vrai motif de l’actuel conflit a à voir avec le Sahara.

Q : C’est-à-dire que tout serait lié à notre ancienne colonie, dont les habitants ne veulent pas être marocains, et non pas avec les mauavais traitement supposés de la police espagnole. Je me trompe? 

R : Exactement. En plus, ce qui m’étonne c’est la méconnaissance aussi grande de nos concitoyens du Nord du Maroc. Voyez-vous, il n’y a pas que les sahraouis qui ne veulent pas être marocains, il y a aussi les riffains. N’oubliez pas que le monde arabe n’a pas su assimiler l’élément berber. Le père du roi actuel, les torturait, les assassinait, parce que ces héritiers d’Abdelkrim se battaient pour fonder une République du Rif et non pas pour le Maroc. L’élément berber n’a pas été assimilé. En plus, le changement du responsable des Nations Unies pour résoudre le conflit du Sahara est le principe qui explique ce conflit. Tout répond au rêve marocain du Grand Maroc. Rappelons-nous comment le plan de Hassan II voulait s’approprier le Sahara, une partie de la Mauritanie, Ceuta et Melilla, une partie de l’Algérie, du Mali et même du Sénégal. En fin de parcours, ils n’ont eu que le Sahara, pour la honte de l’Espagne.

Q: Donc, la position du nouveau responsable onusien a provoqué toute cette tension dans la frontière.
R : Bien sûr, M. Ross a mis en cause le Maroc ouvertement pour la stagnation des négociations. En plus, il demande que le gouvernement de Mohamed VI soit plus permissif avec les indépendantistes sahraouis. Beaucoup d’entre eux en prison depuis des décennies. Accuser le Maroc d’être la partie qui se bat le moins pour résoudre le conflit a fait mal au roitelet. Lisez la lettre publiée par le journal El Pais sur les réflexions du plus haut responsable pour le Sahara Occidental sur le sujet. Ils ne laissent aucun doute. Contrairement à Peter Van Walsum, l’américain n’a pas donné au Maroc un rôle d’étoile dans les négociations. – Il sort un document qu’il nous donne où nous lisons la lettre du M. Ross. Nous mettons en évidence un paragraphe-

“Dans la réunion informelle la plus récente, à Winchester County, le Front Polisario a fait preuve de ce qui pourrait être une négociation génuine en explorant avec le Maroc quelques aspects spécifiques de sa dernière proposition d’autonomie. Le Maroc refusa, pour sa part, d’explorer la proposition du Polisario. En conséquence, le Polisario a refusé de poursuivre”.

Il a même dit que le statu quo, à long terme, est inacceptable, et tout amènera à une radicalisation de la jeunesse sahraouie. Quelque chose que nous, les services secrets espagnols, avons déjà détecté. Pour ne pas parler de la possibilité de reprise des hostilités.

Q : J’ai entendu qu’après la négative du Maroc à traiter avec les sahraouis, ceux-ci ont été reçus, pour la première fois, par un haut commissaire des Nations Unies.

R : Exactement, pour la première fois. Pour cette raison, le Maroc avec cette crise à la frontière, est en train d’envoyer un message clair et limpide à l’Espagne. Vous devez soutenir le projet d’autonomie marocain pour le Sahara Occidental. Dans le cas contraire, des conflits dans la frontière, et des problèmes avec l’immigration.

Q : Et le gouvernement baisse les pantalons.
R: Ça a toujours été comme ça, à l’exception de l’incident de l’îlot de Persil, qui avait aussi le Sahara comme prétexte fondamental. Le seul changement est que, pour la première fois, un gouvernement d’Espagne se met du côté des marocains dans le dossier du Sahara. Le gouvernement fait cela parce qu’il pense que, de la sorte, il apaisera les voisins. Mais il se trompe, Ceuta et Melilla viendront après le Sahara.

Q: Y a-t-il la possiblité que le Maroc attaque les deux villes espagnoles?
R: En termes géopolitiques, cela demande certaines conditions. Militairement, l’Espagne est en net avance. Cependant, et je ne crois pas annoncer quelque chose de nouveau, la Casa – Centre National d’Intelligencel’Espagne.

Q : Comment maintenant?
R : Je ne nierai pas qu’il y a une grande crise, mais je parle de crise institutionnelle. La mort du roi et sa succession par Felipe sera un moment grave. Si à ce moment-là, la situation en Espagne n’est pas bonne, nulle doute que Mohamed VI enverra ses forces prendre Ceuta et Melilla. 

Q : Vous êtes en train de me dire que les services secrets constate cet attaque possible du Maroc?
R : Il faut pas s’alarmer, je crois qu’à ce moment-là, nous pourrons nous défendre. Il y a des voies pour cela. Mais priez pour que le roi ne meure pas vite. De toutes façons, je comprends l’inquitétude à Ceuta et Melilla.

Source : Partido de la Paz, 2/9/2010