Gardez-le et ça ira !

En clair, il dit qu’il compte mener campagne en faveur de la proposition du makhzen et contre celle des Sahraouis, bien que moins pauvre et plus démocratique puisqu’elle compte trois options

Mustapha Selma Ould Sidi Mouloud, ancien «numéro deux» de la police sahraouie, craindrait les représailles de la part de la direction du Polisario s’il regagnait les camps de refugiés de Tindouf, déclarait jeudi dernier M. Khalid Naciri, porte-parole du gouvernement marocain. Pourquoi alors ne pas le garder et l’encarter dans le club de Khelihelkoum ? Peut-être qu’on pourrait même l’envoyer en renfort mettre au pas les rebelles de Matallah, plutôt que de tenir l’Algérie responsable de tous les crachats qui l’attendraient légitimement dans les camps de réfugiés sahraouis. Si Ould Sidi Mouloud nourrit des craintes, c’est tout simplement parce qu’il n’a pas la conscience tranquille et qu’il agit contre la volonté de son peuple. Comme le faisaient les harkis chez nous dans le temps. Une attitude blâmable partout dans le monde et qu’on ne glorifie qu’en France. Le 9 août dernier, il avait annoncé à partir de la ville de Smara, la capitale religieuse du Sahara occidental sous occupation marocaine, son «intention de soutenir le projet d’autonomie parmi les habitants des camps de Tindouf». En clair, il dit qu’il compte mener campagne en faveur de la proposition du makhzen et contre celle des Sahraouis, bien que moins pauvre et plus démocratique puisqu’elle compte trois options. Ce qui est quand même sidérant ! Tous les gens qui connaissent un petit peu les Sahraouis vous diront qu’en règle générale, ce sont des gens sages, mais personne ne vous dira que ce sont des attardés mentaux capables de mettre leur bourreau dans les meilleures conditions pour les égorger. Au niveau de la direction du Polisario, aucune décision ne semble prise sur un cas aussi saugrenu, et on ne sait trop s’il pourra rejoindre les camps de Tindouf comme si de rien n’était. Ce qui semble par contre moins sûr, c’est que ce personnage puisse organiser et tenir des rassemblements et des meetings dans les camps pour y vendre la bonne parole du roi, au moment où l’on réprime à tour de bras les Sahraouis chez eux, dans les territoires occupés. Donc, s’il y a un taré à trouver obligatoirement dans l’affaire, les regards se tourneront forcément du côté de Ould Sidi Mouloud. Une carte brûlée avant même de servir ?
M. Z. (mohamed_zaaf@yahoo.fr)
Le Jeune Indépendant, 28/8/2010