Ross goûte à la «ténacité» marocaine

Le secret de la tenacité marocaine ? Il est à chercher entre Paris et Tel-Aviv !

Le dernier discours de Mohammed VI ressemble à s’y méprendre au précédent. Il n’y aura au Sahara occidental que la solution colonialiste et l’ennemi «numéro un» c’est les Algériens et non plus les Sahraouis qui luttent pour libérer leur pays. Et les messages constructifs du président Bouteflika précédant à chaque fois les discours n’ont pas eu l’accueil escompté mais l’effet contraire. Le roi a choisi de gaffer à la Sharon. Ce qui ne plut pas tellement chez pas mal de monde. Un discours qualifié de provocateur et condamné par le gouvernement de la RASD (République arabe sahraouie démocratique, membre fondateur de l’UA), dans une réaction qui n’a pas tardé. Des propos qui mettent en danger la sécurité et la stabilité de la région et sapent la crédibilité de l’Organisation des Nations unies, affirmait un communiqué du ministère sahraoui de l’Information. L’Algérie, comme à ses habitudes, n’envenime pas les choses et ne dit mot. La construction du Maghreb attendra. On ne sait jamais, peut-être le roi se débrouillera-t-il une baguette magique pour faire disparaître ces Sahraouis et leur Polisario, cause de ses maux de tête. Christopher Ross, l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, ne doit pas lui non plus être très content du discours du roi, lui qui, déjà en mars dernier, se plaignait des blocages subis par un dossier devenu aussi lourd à traîner qu’un cadavre obèse. Le Maroc ne veut plus entendre parler de référendum et se dit prêt à accorder l’autonomie seulement. Une route à sens unique où ni le point de vue ni la proposition n’ont cours, mais que tout le monde se devra d’emprunter, Christopher Ross, Ban Ki-moon et Nations unies compris. Une attitude intransigeante des plus exécrables. Une intransigeance que la diplomatie marocaine préfère appeler «tenacité». Le Maroc ne s’était-il pas vanté que c’était la «tenacité» de sa diplomatie qui avait forcé James Baker, l’un des nombreux prédécesseurs de Christopher Ross, à jeter l’éponge ? Le secret de la tenacité marocaine ? Il est à chercher entre Paris et Tel-Aviv ! 
M. Z. (mohamed_zaaf@yahoo.fr)