Lutte contre le terrorisme : La convention d’Alger foulée aux pieds

Par Adil R.
Les gouvernements du Mali et de la Mauritanie ont libéré, une fois encore, un terroriste d’Aqmi en contrepartie de la libération d’otages occidentaux. Dans ce cas de figure, il s’agit de l’échange de Omar Sahraoui contre les deux humanitaires espagnols détenus depuis 2009 par Aqmi, en l’occurrence Albert Vilalta et Roque Pascual.
Cette initiative viole la convention signée à Alger entre les pays du Sahel, convention en vertu de laquelle les gouvernements signataires doivent s’interdire toute négociation avec les groupes terroristes.
La presse espagnole et les médias maliens ont annoncé hier un déploiement d’unités d’Aqmi en vue de la libération des deux otages. Cette opération est chapeautée par Mokhtar Belmokhtar. El Qaida a reçu en contrepartie Omar Sahraoui, accusé principal dans l’opération de kidnapping des otages espagnols.
Selon des sources officieuses, El Qaida a reçu une rançon de la part des autorités espagnoles, estimée entre 4 et 5 milliards d’euros pour chaque otage. 
Les autorités espagnoles ainsi que les responsables maliens ont préféré garder le silence quant à la libération des otages.
Il semblerait que la Mauritanie ait cédé aux pressions menées par les espagnols quant à la libération de Omar Sahraoui et sa remise aux éléments d’El Qaida afin que les deux otages espagnols soient libérés.
Cette initiative nuira à la relation entre les pays du Sahel. L’aide sécuritaire entre les pays dans la lutte contre le terrorisme vient de recevoir un coup dur, puisque, apparemment, la lutte est basée sur l’intérêt de chaque pays. 
La France et l’Espagne tentent d’avoir une influence dans la région pour lutter contre le terrorisme. Ces deux pays imposent leurs aides à la Mauritanie et au Mali, citant ainsi le
financement de 500 000 euros à la Mauritanie à travers le programme de l’alimentation mondiale et la lutte contre la sous-alimentation L’Algérie a désapprouvé les initiatives prises par le Mali et la Mauritanie ; elle a d’ailleurs convoqué son ambassadeur au Mali après la libération des terroristes sollicités par El Qaida parmi lesquels se trouvait un algérien.