Le rêve d’une nuit d’été – Un compte des Mille et Une Nuits

Le Naufragé s’est réveillé ce matin, avec une odeur aux légumes et au poisson. Dans son rêve, il avait vu des files interminables de femmes, tordues, en transportant des énormes fardeaux de marchandises sur leurs dos. Des personnes brunes de soleil africain en exhibant des pancartes … Il voyait des couvertures de journaux espagnols et arabes avec des caractères pour lui inintelligibles, parlant de protestations, de blocages frontaliers d’on ne sait pas bien quelle ville, (ce n’était pas clair dans le rêve).Tensions, plaintes, tentatives de violence, des accusations des deux côtés des frontières. Les citoyens des deux côtés des murailles d’une ville sans nom qui normalement se supportaient, avaient bloqué ses entrées.

Des semaines se sont écoulées ainsi semaines sans avoir eu des informations exactes. Tout le monde s’était tu. Des plaintes et des lamentations envoyées et non répondues, des appels de téléphone entre des rois, l’un avec son chapeau sur la tête ‘, un autre long, avec des cheveux blancs, avec un énorme visage et un sourire royal… Rien n’avait calmé les protestations. On parlait de dettes centenaires, de mépris mutuels. Et d’autres choses dont je me rappelle pas bien maintenant.
Le Naufragé s’est réveillé confus, il ne comprenait rien de cet étrange rêve et il a voulu voir si dans les journaux ils parlaient de son cauchemar. Il a passé les pages du journal, impatient, jusqu’à ce qu’il a vu une nouvelle qui semblait liée à son rêve. Deux pages parlaient de son rêve, elles mentionnaient deux villes : Madrid / Rabat et un des titulaires disait que : « Moratinos : » Il n’y a pas eu de conflit avec le Maroc « Le Naufragé a senti un grand soulageement. Les déclarations du Ministre lui confirmaient que le rêve du Naufragé n’était pas vrai. Il l’expliquait avec une clarté méridienne, comme une nuit de pleine lune au Sahara : » il n’y a pas eu de conflit, ni d’éventuel conflit , ni de crise bilatérale « , il n’y a pas eu de communiqués réitérés du Gouvernement marocain à l’adresse de l’Espagne, ni l’intervention postérieure du Roi Juan Carlos …Les cascades de dénonciations et il n’y a pas existé des protestations des ONG qui éclataient à la frontière avec Melilla. Lui même « avait parlé à plusieurs reprises » au ministre des affaires étrangères marocain, pour dissiper n’importe quel malentendu qui pouvait affecter la situation de la frontière de Melilla « et il y a » maintenu une communication fluide et permanente « avec le ministre de l’intérieur, Alfred Pérez Rubalcaba.
Quelle soulagement a senti le Naufragé! De nouveau il a senti la ‘fraternité’ qui existe entre nos deux peuples, comment ils nous apprécient énormément, quelque chose que nous correspondons avec un sentiment égal ou plus si possible. Tôt, très tôt, un tunnel sous-marin nous unira et il n’y aura plus de frontières, nous récupérerons notre vieille histoire et il y aura un Andalus encore plus grand : enfin, l’autre rêve va être accompli, celui de notre grand Soultan : « l’Alliance de Civilisations ».
(Ce conte-là, on le racontera un autre jour. Une autre année, un autre siècle, un autre millenium)
Original en espagnol : Rincon del Naufrago, 20/8/2010