Edito : Frénésie monarchique

Par Ammar Khelifa 
A chaque fois que la monarchie voisine bute dans ses négociations avec le Front Polisario, le représentant légitime du peuple sahraoui en combat pour l’indépendance, se retourne sur l’Algérie pour en faire son souffre-douleur. C’est ce qui explique la récente frénésie ayant secoué les médias marocains et les sorties de quelques officiels du palais qui, à travers les ondes d’une chaîne de télévision foncièrement anti-algérienne, ont fait preuve d’une inélégance frisant la vulgarité, en ciblant l’Algérie pour justifier leur incapacité de « vendre » leur solution « autonomiste » de la question sahraouie. Cette fois-ci, les attaques frénétiques et en règle du Maroc, par le truchement de son agence de presse ou à travers des écrans de chaînes de télévision qui n’ont jamais dissimulé leur inimitié envers l’Algérie, dépassent tout entendement. Dans son offensive médiatique, la monarchie voisine cache mal son incapacité à mettre le Polisario devant le fait accompli, regrettant, de la sorte, le départ prématuré du médiateur onusien, le Néerlandais Peter van Walsum, qui a ostentatoirement pris parti pour le Palais royal et surtout ayant des appréhensions sérieuses par rapport à l’attitude du nouvel envoyé spécial de l’Organisation des Nations-Unies, en l’occurrence le diplomate américain Christopher Ross qui a observé une prudence justifiée par la difficulté de la mission et affichant, de la sorte, sa neutralité face aux deux belligérants. La récente frénésie médiatique qui continue à secouer le Maroc, s’explique aussi par les énormes dépenses du palais dans le lobbying pour faire passer son projet d’autonomie, afin de faire l’impasse sur le principe du référendum pour l’autodétermination, à chaque fois confirmé par la communauté internationale. Selon une récente étude américaine, la monarchie marocaine, dont les sujets croupissent sous une pauvreté endémique, aurait dépensé plus de 3. 337 000 dollars, soit 2670 milliards de centimes, pour influencer les membres du Congrès américain, au sujet de leur position envers l’affaire du Sahara Occidental. Le Maroc se serait évertué en 2007 et 2008 à sensibiliser les membres du Congrès au projet d’autonomie, selon cette étude diffusée sur un site américain, spécialisé dans les enquêtes journalistiques. Selon cette source, le Royaume aurait occupé le sixième rang en matière de dépenses destinées aux sociétés de lobbying dont la mission est d’influer sur la position des membres du Congrès américain. Cette étude s’est appuyée sur l’analyse des rapports soumis par les sociétés du lobbying travaillant pour le compte des pays étrangers, au département d’Etat de la Justice américaine. La diplomatie du chèque empruntée par la monarchie semble improductive. C’est ce qui explique les attaques en règle orchestrées contre l’Algérie pour ses positions dans ce conflit, qui reste dans la même constance affichée par l’Organisation onusienne et qui se trouve, au demeurant, clairement explicité, par les différentes résolutions du Conseil de Sécurité. En s’en prenant à l’Armée algérienne, l’accusant de couvrir la contrebande des stupéfiants, le Palais royal affiche une attitude qui frise le ridicule. Dire, aujourd’hui, que le nord du Maroc inonde de cannabis les pays du Maghreb et l’Europe, relèverait du secret de polichinelle. Dire que le Maroc avait abrité pendant des années les terroristes du GIA qui endeuillaient les citoyens de l’Ouest du pays, serait assimilé à un rappel inutile des agissements criminels de cette monarchie qui ne s’est pas empêchée, outre mesure, d’enterrer l’Union Maghrébine pour revenir pleurer à son chevet, après avoir provoqué la fermeture des frontières ouest du pays, causant des milliers de pertes de postes d’emplois pour les PMI-PME du gouvernorat oriental du Maroc. Le Royaume marocain qui se trouve dans une impasse au Sahara Occidental, ne veut pas en réalité lâcher les 8 milliards d’Euros qu’il engrange annuellement des richesses d’un territoire qui ne lui appartient pas. Le Maroc qui sait que l’échec annoncé de son projet d’autonomie au Sahara Occidental, é quivaut à l’échec de la colonisation et le mettra dans une posture où, seule la solution à travers l’autodétermination demeurera fiable pour la communauté internationale. Le Royaume marocain gagnerait en revenant à une attitude plus sage, en faisant montre de plus de sérieux dans les pourparlers avec le représentant du peuple sahraoui, à savoir le Polisario et surtout, en cessant de jeter la balle aux voisins. Le jeune Roi doit faire preuve de maturité en faisant montre de plus de sérénité en face de son voisin immédiat qui a, rappelons-le, trop souffert des agissements sournois de la monarchie le long des années de braise marquées par la folie meurtrière du terrorisme. Les aboiements ne peuvent empêcher le combat légitime d’un peuple pour s’affranchir du joug colonialiste.