Abdelaziz appelle l’UE à revoir le statut avancé accordé à Rabat

Le responsable sahraoui est encore revenu pour critiquer l’UE. Invité en Finlande, Mohamed Abdelaziz rappelle à l’UE ses responsabilités dans le conflit qui oppose Sahraouis et Marocains à propos du territoire du Sahara occidental.
C’est ainsi que le président de la RASD a regretté que l’UE contribue à «la prolongation de la tragédie du peuple sahraoui», position qu’il juge en violation flagrante avec le droit international. M. Abdelaziz a rappelé en effet que des pays de l’UE ont «signé des accords de nature économique avec le royaume du Maroc, affectant le territoire du Sahara occidental et ses eaux territoriales».
Il a reproché aussi le fait que l’UE ignore les multiples appels lancés en sa direction afin qu’elle gèle le statut avancé accordé au Maroc, pays, soutient M. Abdelaziz, connu pour sa «négation ouverte au Sahara occidental des principes et idéaux mis en place par l’Union européenne».
«Le gouvernement marocain viole non seulement la charte des Nations unies mais il bloque tous les efforts internationaux visant à trouver une solution pacifique, juste et durable du conflit», a affirmé M. Abdelaziz lors d’un discours devant la 42e session du Parti social-démocrate finlandais, qui s’est tenue à Joensuu (est de la Finlande). En outre, il a appelé à «l’arrêt du pillage et de l’exploitation systématique des ressources naturelles du pays par l’Etat marocain, au démantèlement du mur de l’armée marocaine, qui divise le territoire du Sahara occidental et ses citoyens et qui est équipé avec des millions de mines antipersonnel interdites au niveau international».
De son côté, le Parti social-démocrate finlandais, parti fondé en 1899 et membre de l’Internationale socialiste, a approuvé une motion de soutien au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.
Cette motion exige «la décolonisation du Sahara occidental, en permettant au peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination», et ce en replaçant le territoire dans son cadre historique et juridique comme étant «la dernière colonie en Afrique».
La motion a par ailleurs mis en exergue «les violations flagrantes des droits de l’homme commises par l’Etat marocain contre les citoyens sahraouis dans les territoires occupés du Sahara occidental».
Y. M.
Le Jeune Indépendant, 30 mai 2010