Le Maroc rouvre, soudainement, le litige avec l’Espagne sur Ceuta et Melilla.

Le Maroc a ressuscité son irrédentisme annexionniste sur les deux villes espagnoles. Après des années de silence qui semblaient avoir enterré sur Ceuta et Melilla les prétentions anachroniques, son offensive renouvelée semble si surprenante comme inexplicable. Il faut se demander sur les raisons, en tenant en compte de l’usage historique que le royaume voisin a toujours fait de son aspiration envers les deux territoires comme s’il s’agissait de monnaies d’échange.
Contre l’habitude, le Maroc invoque ses relations avec l’Europe pour donner plus de fondement à son aspiration. Quelque chose de surprenant également si nous tenons en compte que la réalité historique et démographique de l’Espagne, loin de l’affaiblir, elle fortifie encore plus en tant qu’Espagnols et, par conséquent, comme Européens. Le Maroc parle d’anachronismes mais le seul anachronisme passe par son irrédentisme.
Quand Mohamed VI et ses acolytes « demandent » d’ouvrir des conversations sur la propriété des deux villes espagnoles, tout le monde sait que les autorités marocaines trament quelque chose genre « Île de Persil ». C’est déjà un indice que la partie du Sahara Occidental n’est pas gagnée et la position marocaine dans ce conflit traverse une mauvaise passe. Si non, comment expliquer l’acharnement du Maroc contre un pays qui, depuis l’avènement de Zapatero est devenu ambassadeur itinérant des thèses marocaines?
Les déclarations contre l’Espagne et l’Algérie constituent un symptôme du corps malade de la monarchie alaouite. Les échecs accablants dans leur tentative d’annexion du Sahara Occidental et imposer leur hégémonie au Maghreb pousse Rabat à suivre les enseignements du sanguinaire roi, Hassan II, lorsqu’il a dit : « Si la situation se complique, il faut enfoncer le clou ». En d’autres termes, la fuite en avant.