N’autre vision : Les Sahraouis se plaignent de Paris

Tant qu’il y a de la vie, il y a du… désespoir, pourraient dire les Sahraouis, à voir l’accord maroco-français en parfaite harmonie sur les « bienfaits » à dispenser aux populations sahraouies en fidélité aux exigences des bonnes traditions coloniales.
M. Z. ( mohamed_zaaf@yahoo.fr)
L’ambassadeur de la RASD (République arabe sahraouie démocratique, membre fondateur de l’UA), M. Brahim Ghali, a souhaité ce week-end que la France ne fasse plus dorénavant usage de son droit de veto au Conseil de sécurité pour empêcher la protection des droits humains dans les territoires occupés du Sahara occidental. Un souhait appelé malheureusement à s’évaporer en chemin, comme tant d’autres, bien avant d’approcher les environs de l’historique Bastille. Tant qu’il y a de la vie, il y a du… désespoir, pourraient dire les Sahraouis, à voir l’accord maroco-français en parfaite harmonie sur les «bienfaits» à dispenser aux populations sahraouies en fidélité aux exigences des bonnes traditions coloniales. Pourquoi Paris empêche-t-elle la Minurso de surveiller les droits humains ? Une démarche qui livre les populations sahraouies pieds et poings liés aux tortionnaires du Makhzen dont les méthodes ne le cèdent en rien aux méthodes des Aussaresses hier, en vigueur chez nous. Brahimi Ghali faisait d’ailleurs sa déclaration jeudi, chez le FNA (Front national algérien), parti présidé par Moussa Touati, qui a connu un orphelinat précoce parce que les «bienfaits» français ont touché mortellement son père, tombé en martyr durant la guerre de libération. Le FNA de Moussa Touati, la 3e force politique du pays, organisait en effet une journée de solidarité avec le peuple sahraoui, à l’occasion de l’anniversaire de la venue au monde, le 10 mai 1973, de son représentant unique et légitime, le Front Polisario. Touati n’a d’ailleurs pas manqué, en réitérant son appui à la cause sahraouie, de rappeler que sa démarche s’inscrit en droite ligne «des principes et des valeurs de la Révolution du 1er novembre 1954». Il est vrai que le chef du FNA est l’un des rares opposants à aller en personne manifester sa sympathie aux populations sahraouies dans les camps de la Hamada de Tindouf. Moussa Touati antimarocain ? Si jamais vous lui posez la question, il en rigolera. Moussa Touati aime les Marocains, à l’instar du peuple algérien. Mais, comme lui, il ressent le devoir de se tenir aux côtés des Sahraouis. Les Algériens sont passés par le dur chemin auquel on soumet aujourd’hui les Sahraouis.
Le Jeune Indépendant