Sahara Occidental : Un recours aux armes est envisageable

Par Rym Boukhalfa.
« En l’absence de signes qui nous confirment que l’ONU est disposée à aborder avec un plus grand sérieux et rigueur son engagement à être présent au Sahara Occidental, nous nous rapprochons progressivement de la limite de la patience des Sahraouis. Il est temps de trouver une solution au conflit sahraoui », affirme dans un entretien à EFE (agence espagnole de presse) le président sahraoui, Mohamed Abdelaziz n’excluant pas la reprise des « affrontements armés ». « Il y a beaucoup de personnes prêtes à verser leur sang et reprendre la lutte armée à tout moment », dit-il, estimant que l’impasse dans laquelle se trouve le processus d’autodétermination représente une « facture énorme pour le Maroc » avec le déploiement de 175.000 soldats pour défendre le Mur et «les dépenses faramineuses d’une diplomatie basée sur le lobbying ».
Evoquant la résolution adoptée le 30 avril par le Conseil de sécurité, M. Abdelaziz a qualifié l’exclusion des droits de l’Homme des prérogatives de la Minurso de «provocation», dont la «grave responsabilité incombe exclusivement à la France» qui a « encouragé » en 1975 la Mauritanie et le Maroc à envahir le Sahara occidental après le retrait de l’Espagne. « Avec sa position de veto en tant que membre permanent du Conseil de sécurité, la France est actuellement responsable des violations des droits de l’homme commises par le Maroc au Sahara Occidental occupé», dit-il, jugeant pour la énième fois que l’heure des négociations sous les auspices de l’ONU entre le Polisario et le Maroc pour une solution « juste et durable » a sonné.
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