Ahermoumou puni au temps de l’impunité…

Par Abdelmajid Baroudi, 6/5/2010
Le Forum Vérité et Justice organise une caravane à Ahermoumou le 8 Mai 2010 . Cette visite s’inscrit dans le cadre de solidarité avec les régions, victimes des années de plomb.Voici un modeste hommage à mon village natal.
Ahermoumou, tribu d’Ighzrane (aghzer au pluriel, Ighzrane nom amazigh signifie ruisseau) est un village situé entre le Moyen Atlas et le Rif. Le langage amazigh parlé par les Ighazranes se caractérise par un mélange de l’accent rifain et celui du Moyen Atlas. Ahermoumou est une zone enclavée. Privée de toutes infrastructure de développement. Avant les événements de Skhirat, (1971) la caserne militaire contribuait à l’activité commerciale du village. A la souffrance matérielle, causée par l’éradication de l’école militaire, s’ajoute une autre souffrance. Cette fois –ci d’ordre politique. Juste après les événements de Skhirat, une vague d’harcèlements fut lancée contre la population locale. Les habitants d’Ahermoumou étaient la cible des dépassements organisés par « les forces de l’ordre ».
Depuis lors Ahermoumou, c’est d’ailleurs le même cas d’autres régions du Maroc, considérées par le système de fief de rébellion, est qualifié de mal aimé du roi (msakhit al malik). Il a donc fallu bannir et détruire la signification du mot Ahermomou de la mémoire des marocain. Pour ce faire, le régime a procédé à la modification du nom du village, en le remplaçant par «Ribat al kheir ». Depuis le temps, démunir Ahermoumou de toute opportunité de développement local et le maintenir au coté des zones marginalisées, est la récompense offerte par le régime aux Ighzranes. Malgré tout ce qu’ils ont enduré, les habitants d’Ahermoumou sont restés fidèles à la connotation originale d’ Ahermoumou.