M. Abdelaziz: le Conseil de sécurité a manqué de fermeté concernant l’élargissement du mandat de la MINURSO

Ecole du 27 février (camps des réfugiés sahraouis), 03/05/2010 (SPS) Le président de la République, M. Mohamed Abdelaziz a déploré le manque de fermeté du Conseil de sécurité concernant l’élargissement du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), à la protection des droits de l’Homme dans les territoires sahraouis occupés.
Lors d’une conférence de presse animée, à l’occasion de la clôture du festival international du cinéma, M. Abdelaziz a déploré « le manque de fermeté du Conseil de sécurité concernant l’élargissement du mandat de la MINURSO à la protection des droits de l’Homme dans les territoires occupés, en attendant l’organisation d’un référendum ».
Le secrétaire général du Front Polisario s’est dit « très consterné » par le fait que la MINURSO reste « la seule mission privée de la noble mission de protéger les droits de l’Homme ».
Dans ce contexte, il a salué « la position de la Grande Bretagne, de l’Autriche, du Nigeria, de l’Ouganda, du Mexique et du Brésil, les pays qui ont défendu avec force les droits de l’Homme ».
Par ailleurs, le président sahraoui a exprimé « son profond regret » à l’égard de la France qui « a toujours défendu les violations par le Maroc des droits de l’Homme ». « La France, qui est le berceau des droits de l’Homme, devient hélas lorsqu’il s’agit du Sahara occidental défenseur des violations des droits de l’Homme », a-t-il indiqué.
Le président Abdelaziz a insisté sur « la nécessité » de la protection des droits de l’Homme au Sahara occidental, indiquant « il est inconcevable au 21ème siècle de voir le royaume du Maroc exercer sa force d’occupation sur la dernière colonie en Afrique (…), violer les droits de l’Homme, piller ses richesses naturelles, ériger un mur de séparation et s’opposer à la tenue d’un referendum ».
Dans ce sens, le président sahraoui a exigé que « des sanctions soient imposées au royaume du Maroc pour l’amener à respecter la charte de l’ONU ainsi que les décisions de la communauté internationale ».
Le président sahraoui s’est félicité de l’attachement de l’ONU à l’autodétermination du peuple sahraoui sous l’égide de la Minurso, soulignant que « le cessez le feu de 1991 ne constitue qu’un moyen pour réaliser cet objectif ».
Pour ce qui est de la position du Front Polisario quant à la résolution 1920 adoptée vendredi par le Conseil de sécurité, il a précisé que cette résolution « respecte la promesse faite par le SG des Nations Unies » lors de leur rencontre du mois dernier à New York concernant « l’attachement des Nations Unies au rôle initial de la Minurso pour ce qui est de l’organisation du référendum d’autodétermination pour le peuple sahraoui ».
Il a ajouté que la promesse faite par le SG des Nations Unies est traduite dans la résolution du Conseil de sécurité affirmant que les négociations entre les deux parties (Front Polisario et Maroc) avaient pour objectif de trouver une solution juste et durable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental », ajoutant que cette résolution exprimait également « la préoccupation de la communauté internationale concernant l’état des droits de l’homme au Sahara Occidental ».
D’autre part, M. Abdelaziz s’est dit satisfait de la position espagnole exprimée par la première vice-présidente du gouvernement espagnol lors de sa rencontre avec le Secrétaire général de l’ONU à New York demandant « l’élargissement des prérogatives de la Minurso ».
Il a par ailleurs formé le vœux que cette position « soit un pas vers la révision de la position espagnole » concernant la question sahraouie.
Le président sahraoui a exprimé ses craintes sur une éventuelle arrestation des militants des droits de l’homme sahraouis qui ont visité les camps de réfugiés à leur retour dans les territoires occupés, appelant les journalistes présents lors de la conférence à « suivre ce qui se passe dans les territoires occupés et rapporter la vérité au monde entier ». (SPS)