Images et droits de l’homme

La clôture du FiSahara aujourd hui sera marquée par l’inauguration, au camp du 27-Février, de l’école de cinéma sahraouie.
L’ouverture officielle du 7e Festival international de cinéma du Sahara occidental FiSahara 2010 a eu lieu le jeudi 29 avril, au camp des réfugiés sahraouis de Dakhla. Sous un ciel étoilé embelli par la pleine lune, une multitude de personnes, des officiels, des militants, des stars du cinéma mondial et des réfugiés, se sont retrouvées au théâtre en plein air de la wilaya de Dakhla. Un spectacle de danse et de musique traditionnelle sahraouie a ouvert le bal. Une procession de petites filles, de jeunes hommes et femmes ondulaient langoureusement au rythme d’une musique éthérée, venue du fin fond de leur culture ancestrale.
Cette 7e édition du FiSahara s’est vue redorer le blason par la présence de dix militants sahraouis pour les droits de l’homme, venus des territoires occupés. L’accueil populaire qui leur a été réservé fut grandiose car ce sont là dix personnes qui ont vécu les affres de la prison marocaine, mais qui continuent de braver le mur de la honte pour demeurer en contact avec leurs familles et concitoyens exilés à Dakhla.
Après le mot de bienvenue de M. Salem El-Bsir, le wali de Dakhla, la parole est donnée au Premier ministre sahraoui, M. Kader Taleb Omar, qui a tenu à remercier les pays participants, notamment l’Algérie, et la société civile espagnole, pour leur infaillible solidarité avec la cause sahraouie. M. Taleb Omar a précisé d’emblée que le but du festival ne consiste pas seulement à renforcer la solidarité avec le peuple sahraoui, mais aussi à promouvoir le 7e art de ce pays, à travers la formation de jeunes cinéastes dans des ateliers audio-visuels installés à l’occasion de ce 7e FiSahara, sans oublier l’école de cinéma, qui sera inaugurée le même jour au camp du 27-Février. Rendant un vibrant hommage aux dix militants présents lors de cette soirée d’ouverture, le Premier ministre est revenu sur le volet politique et déclara avec emphase : «Tant que notre pays sera occupé par les forces marocaines, il y aura toujours des atteintes aux droits de l’homme.
Les crimes du Maroc sont bien visibles et indéniables, mais la mission des Nations unies, la Minurso, ne semble pas se préoccuper outre mesure du calvaire vécu par nos frères dans les territoires occupés. Le référendum est la seule issue possible à cette tragédie.» Cette septième édition, qui a pour invité d’honneur l’Afrique du Sud, a vu la présence de plusieurs stars internationales du 7e art, à l’image de l’acteur espagnol Willie Toleddo, président honoraire du festival, de sa compatriote Victoria Abril, Rosa Maria Sarda et autres grandes figures du cinéma mondial.
Dans son allocution d’ouverture, la ministre sahraouie de la Culture, Mme Khadija Hamdi, a salué à son tour la bravoure et la témérité des dix militants venus des territoires occupés pour assister à cette importante rencontre : «Cette 7e édition se voit grandie par la présence de dix héros de l’intifada pacifique de 2005.
On vit aujourd’hui l’utlime étape du combat pour les droits de l’homme.
Ce festival n’est pas uniquement une manifestation dédiée au divertissement, mais aussi une occasion de rencontrer les amis de la cause sahraouie, de faire connaître notre culture et notre lutte à travers le 7e art. Tous les moyens sont bons pour démontrer au monde entier, la justice et la légitimité de notre cause», affirma-t-elle, sous les applaudissements et les youyous de l’auditoire.
De notre envoyée spéciale au Sahara occidental Sarah Haidar
Le Jeune Indépendant