Alors que ses attributions n’ont pas été élargies au respect des Droits de l’Homme Le mandat de la Minurso prolongé d’un an

Par Aidli Sofiane
L’ONU a encore été décevante, en matière de décision prise sur le conflit sahraoui et ainsi, les attentes de peuple sahraoui se voient reportées, car la résolution n’a fait aucun forcing sur l’occupant marocain.Les membres du Conseil de sécurité, réunis au siège de l’ONU, vendredi passé, ont décidé, à l’unanimité, de prolonger le mandat de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso), qui sera prorogé jusqu’au 30 Avril 2011.
La prolongation du mandat de la Minurso intervient quelques jours après la remise du rapport de Ban-Ki-Moon, dans lequel il fait le constat du blocage du dossier sahraoui et la non progression des procédures de règlement de ce conflit, au milieu d’une campagne de répression, menée par l’autorité marocaine, et qui vise les défenseurs et les pacifistes sahraouis.
La résolution 1920, adoptée vendredi passé par les quinze membres du Conseil de sécurité, observe en effet que le statu quo qui recouvre le dossier sahraoui. Par ailleurs, il appelle le Maroc et le Polisario à poursuivre la série des négociations, informelle ou formelle, à condition quelle soit précédée par un esprit de compromis et de volonté politique réaliste, afin d’enregistrer des progrès. Même si la résolution ne révèle pas grand-chose sur la situation des Droits de l’Homme dans les territoires occupés, où le régime marocain enregistre de graves dépassements sur le peuple sahraoui, elle incite les deux parties à s’impliquer dans la dimension humaine du conflit. Cette recommandation a été l’œuvre des représentants africains et du Mexique, dont le souhait est de voir la fonction de la Minurso s’élargir à la supervision des Droits de l’Homme. Tout de même les ONG internationales ont réclamé ce mécanisme. Ainsi, elles qualifient le refus d’étendre le mandat de la Minurso à la protection des Droits de l’Homme, à un oubli impardonnable. Reste que la France, alliée du Maroc, pèse de tout son poids, pour empêcher la constitution d’un mécanisme de surveillance des Droits de l’Homme. L’impasse de la question sahraouie, signalée dans la résolution, n’est pas causée par le Polisario, puisque c’est l’occupant marocain qui accable les procédures de l’organisation d’un référendum d’autodétermination, lorsque le roi, Mohamed VI, déclare publiquement, la mise à l’écart définitif de l’autodétermination. De tels propos nous poussent à poser la question sur le rôle et l’intérêt de la prolongation du mandat de la Minurso, du fait que la mission dont elle est chargée, est rejetée par le Makhzen et pour cela, le royaume chérifien veut renvoyer le conflit à la case départ, et travaille davantage avec ses alliés occidentaux, à médiatiser que la seule partie, qui ne veut pas faire de concession, est bien le Polisario.
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