Mohamed VI, le bébé qui a besoin d’un petit mot de réconfort

Le roi du Maroc et ses acolytes se croient encore dans l’époque de la défunte Guerre Froide. Jusqu’à présent, ils cherchent le salut chez les puissances mondiales. Ils pennsent que la France va jeter à la poubelle tous ses intérêts avec l’Algérie pour leurs beaux yeux. Qu’elle va oublier que les Algériens constituent la plus grande communauté d’immigrés en France.
Le vote contre l’élargissement du mandat de la MINURSO n’est qu’une position tactique du gouvernement français visant à amener le gouvernement algérien à fléchir dans ses positions concernant les dossiers bilatéraux. Mais de là à croire que Paris renoncera à ses intérêts stratégiques, ses liens culturels, historiques et économiques avec l’Algérie, la seule puissance militaire et économique régionale, relève carrément de l’ingénuité. Les marocains, ignorent-ils que ce différend ne va pas durer toute une éternité? D’ailleurs, Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, était à Alger, il y a deux jours, pour en apporter la preuve. La réconciliation entre les deux pays n’est qu’une question de temps.
Mais les gouvernants de Rabat, qui vont de bourde en bourde, ont besoin d’un petit mot de réconfort.  » La proposition d’autonomie avancée par le Maroc, à nos yeux, forme une base de négociation crédible dans la recherche d’une solution juste et mutuellement acceptable », appelle le communiqué français pour assurer Rabat de son soutien. Plus tard, pour obtenir le retour d’Aminatou Haidar, un autre communiqué reconnaît que « la loi marocaine s’applique au territoire sahraoui ». Mais la France n’a jamais reconnu la souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental. Et puis, ce n’est pas une cargaison de communiqués sortis de l’Elysée qui offrira le Sahara Occidental sur un plateau au Maroc.
Décidément, les autorités marocaines ont la mémoire courte. Ils ont oublié qu’ils ont eu droit à une autre imposture du même genre de la part de Bush. Voulant obtenir leur collaboration dans la délocalisation de la torture, Bush leur a promis son soutien à leur proposition d’autonomie dans le Conseil de Sécurité. Aujourd’hui, cette proposition se trouve dans les oubliettes et ce que les Nations Unies cherchent c’est une « solution basée sur le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination ». A Rabat, ils savent que le projet d’autonomie n’a aucune chance d’être adopté par la communauté internationale, mais ils continuent à le balancer pour gagner du temps, pour imposer le statu quo. Comme Bernard Kouchner, ils attendent que « la génération de l’indépendance algérienne » disparaisse. En d’autres mots, ils rêvent de voir Bouteflika remplacé par un mouton docile, obéissant et peu fier de lui-même et de sa patrie.
Entre-temps, Rabat, toujours mauvais élève, continue à faire confiance aveugle aux fausses alliances, aux lobbies et à la propagande. Le mensonge intégral et monstrueux est relayé par la campagne médiatique marocco-sioniste pour vendre les crimes commis au Sahara Occidental. Des dizaines de webs inondent la toile pour propager toute sorte de mensonges : Des déclarations de ministres, de personnalités de renommé internationale, de partis, d’associations et organisations sorties de l’imaginaire… Tout le monde applaudit les « progrès du Maroc », « pays de référence »», « situation d’avant-garde dans la sous-région », « importantes avancées en matière de gouvernance et dans les domaines économique et social ». Toute une panoplie de compliments pour le pays qui a fait de la chasse aux chrétiens et chiites son cheval de Troie, le pays qui voit dans la torture « une évolution »…
Cependant, ce n’est pas ce que dit l’ambassadeur de l’UE à Rabat.  » Il est temps de s’atteler à définir un mode opératoire pour atteindre les objectifs du statut avancé signé entre le Maroc et l’UE ». En d’autres termes, tout ce qu’on a dit sur le Maroc c’est du vent. Rabat n’a même pas daigné participer à la conférence Euromed / Médias pour la liberté d’expression, qui s’est tenue à Marrakech les 8 et 9 février 2010, avec la présence de plus de 80 journalistes en provenance du monde entier, alors qu’il venait de fermer un journal qui était le symbole de la liberté de presse. Les responsables marocains préfèrent maintenir l’éternel discours stérile du débat sur le code et la présumée déontologie de la presse.
L’UE est convaincu que le royaume alaouite n’a pas changé, mais la diplomatie est de rigueur pour empêcher les gangsters de Rabat de lâcher leur armée de trafiquants de drogue, de kamikazes barbus et d’aventuriers prêts à traverser l’océan pour fuir la misère quotidienne qu’ils vivent dans leur propre pays. Nonobstant, l’UE ne manque pas, de temps en temps, de faire un rappel à l’ordre. Le Service Juridique du Parlement Européen vient de publier son avis sur l’exploitation des ressources naturelles du Sahara Occidental et souligne que le Maroc n’a apporté aucune preuve que la population sahraouie en bénéficie. Sans oublier la constante invocation de la nécessité de respecter les droits de l’homme dans les territoires occupés par le Maroc.
Malgré toutes les alliances, les statues privilégiés, le chantage, l’histoire du monde montre que les peuples envahis finissent toujours par chasser les envahisseurs, quels que soient leurs alliés ou quelles que soient la durée ou la dureté de la résistance nécessaire pour y arriver. C’est ainsi que le peuple sahraoui fait son chemin. Doucement mais sûrement.