Une preuve de mauvaise foi

Dans son entreprise coloniale, Rabat préfère s’appuyer sur les mensonges, la propagande, les lobbies et les mauvaises alliances, plutôt que de s’en remettre aux résolutions onusiennes dans le cadre de la légalité internationale pour trancher le conflit né de son invasion du territoire. Il y a quelques semaines, le trône sortait, tête basse, terrassé par un splendide ippon de la frêle Aminatou Haider. Dans un combat au finish, la sympathie mondiale lui allait à elle. Tout le monde la supportait à elle, et pas une seule voix n’osait conforter le sultan. Du moins pas publiquement. Les capitales alliées ne purent que lui conseiller… l’abdication pour minimiser les dégâts. Rabat en a-t-il tiré les leçons ? Apparemment non puisqu’il s’attelle à transformer, verbalement bien sûr, son Waterloo en Ghazouate Badr, à convaincre que le trône a changé  et qu’il va convertir le Sahara occidental en un Eden avec la régionalisation.

Rabat ne cesse de répéter son «attachement aux négociations» avec les Sahraouis. Sauf qu’il s’arrange toujours pour oublier que les négociations se feront sur la base des deux propositions, la sienne et celle des Sahraouis, ou ne se feront pas. Comme il s’arrange pour omettre que toutes les résolutions onusiennes prévoient que la solution à laquelle on parviendra permettra «l’autodétermination du peuple du Sahara occidental». Un principe que ni Paris, ni Madrid, ni Washington n’ont osé contourner.
Aujourd’hui, à la veille des rencontres informelles avec le Front Polisario à New York, le Maroc vient de dire au représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour le Sahara Occidental, Christopher Ross, qu’il et prêt à discuter la proposition sahraouie. Les autorités marocaines, auraient-elles changé de position et décidé de se tenir à la légalité internationale? S’agit-il simplement d’une déclaration dirigée pour appaiser le climat des négociations avec l’UE sur le statu avancé accordé au Maroc?
La dernière escalade de répression ne présage rien de bon. Le roi Mohamed VI, dans son discours du 6 novembre dernier, a déclaré qu’au Sahara Occidental il n’y a que des Marocains ou des traîtres. Le Maroc continue ainsi à dénier toute existence de l’identité sahraouie. N’est-ce pas cela une preuve de mauvaise foi?