Tunisie : Le porte-parole du sit-in d’El Kamour remis en liberté après une grève de la faim

L’avocat de Tarek Haddad a déclaré que sa libération était temporaire jusqu’à ce qu’il comparaisse devant le tribunal le 2 juillet prochain.

AA/ Tunis / Haithem Mahdhi

Le Procureur général de Tunis a ordonné, mercredi, de libérer le porte-parole du sit-in d’El-Kamour, Tarek Haddad après avoir entamé une grève de la faim.

L’avocat de Haddad, Sofiane Charyout, a déclaré à l’Agence Anadolu que « son client, qui se trouve actuellement à l’hôpital régional de Gabès (sud-est de la Tunisie), a entamé une grève de la faim. Il a ajouté que le Procureur général a autorisé sa libération, et qu’il comparaitra de nouveau devant le tribunal le 2 juillet prochain.

Charyout a souligné que « la libération temporaire intervient après l’examen du dossier présenté par le comité de défense et le dossier médical de Haddad, qui souffre de quelques maladies ».

En effet, Haddad a été arrêté dimanche avec 11 autres protestataires lors de la dispersion par les forces de sécurité tunisiennes d’un sit-in organisé par des jeunes du gouvernorat de Tataouine, sous le nom de « Harak El-Kamour ». Les manifestants ont fermé la route devant les camions-citernes pour empêcher leur passage vers le désert.

Le gouvernorat de Tataouine vit depuis des jours dans un état de congestion, à la suite d’un sit-in mené par un certain nombre de jeunes de la région, pour exiger la pleine mise en œuvre des dispositions de l’accord d’El-Kamour » conclu avec le gouvernement en 2017.

Selon le correspondant de l’Agence Anadolu, le calme est revenu aujourd’hui dans le centre-ville de Tataouine, après 3 jours d’affrontements, et les manifestations exigeant la libération de Haddad.

Cependant, selon des témoins oculaires, quelques jeunes ont redressé une tente sur la route du désert, sans empêcher les véhicules de passer.

Durant l’année 2017, un Sit-in avait été organisé par des jeunes chômeurs de la région de Tataouine, durant lequel les manifestants ont dressé des tentes devant le site de production pétrolière d’El-Kamour, situé dans le désert, à 100 km de la ville de Tataouine, et fait pression durant près de trois mois sur le gouvernement pour qu’il réponde à leurs revendications sociales.

Le gouvernement de l’époque avait finalement été contraint à négocier un accord prévoyant des mesures à caractère économique et social, dont un fonds de développement de 80 millions de dinars par an (environ 32 millions de dollars), ainsi que la création de près de 4500 emploi dans la région, en échange de la levée du sit-in.

Les manifestants demandent la mise en œuvre de la promesse d’affectation de 1500 personnes à des emplois au sein des sociétés pétrolières implantées dans la région, l’emploi de 500 autres dans la Société Tunisienne pour l’Environnement (spécialisée dans l’aménagement paysager des entrées de villes) et d’allouer les 80 millions de dinars (environ 32 millions de dollars) par an au fonds de développement du gouvernorat, comme convenu lors de l’accord de 2017.

Le gouvernorat de Tataouine est riche en pétrole et en gaz, et des sociétés énergétiques nationales et étrangères sont implantées dans différentes zones du désert environnant.

Selon les chiffres officiels, les champs pétrolifères et gaziers de la région de Tataouine représentent 40% de la production pétrolière tunisienne et 20% de la production gazière du pays.

Anadolu

Tags : Tunisie, Tarek Haddad,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *