La MINURSO a été aprivoisée par le Maroc et c’est inadmissible (Mhammed Khaddad)

Quelques jours avant la célébration du dernier congrès général du Front Polisario, le martyr Mhammed Khaddad a envoyé un enregistrement exprimant son point de vue sur la situation au Sahara Occidental.

La situation actuelle est le résultat de 30 ans de cumul de positions onusiennes caractérisées par le non respect de ses propres résolutions et de son processus de paix.

La MINURSO a été apprivoisée par le Maroc. Non seulement, elle n’a pas organisé le référendum, mais en plus elle n’a pas monitoré les droits de l’homme, n’a pas empêché la spoliation des ressources naturelles, l’accord militaire nº1 a été violé et foulé aux pieds à Guergarate, l’envoyé personnel et le Chef de la MINURSO ne peut pas nous rencontrer dans les territoires libérés, etc…

Si le Secrétaire Général dit qu’il nous a jamais rencontré dans les territoires libérés, ce qui n’est pas vrai, qu’il nous dise alors quel est la référence légale qui interdit l’envoyé personnel de nous rencontrer dans une partie de notre terre, où nous étions au moment de l’arrivée de l’ONU au territoire. Ce n’est pas l’ONU qui nous a offert en cadeau cette portion de notre territoire, c’est là que nous lui avons donné nos véhicules le 6 sept 1991, nous l’avons hébergée chez nous dans ces territoires. Ils menacent le représentant personnel d’expulsion s’il nous rencontre là. Ils ont même essayé de limiter nos mouvements dans ces territoires. Les passeports des officiers de la MINURSO sont cachés avec le mot « Sahara marocain ».

L’envoyé personnel a démissionné depuis 6 mois et le Secrétaire Général n’a pas pu nommer un nouveau et la dynamique créée par Köhler il y a près de deux ans, a été sabotée avec le retour au Conseil de Sécurité à 12 mois au lieu de 6 dans le processus de renouvellement du mandat de la MINURSO. C’est beaucoup trop !


Nous avons fait toute sorte de concessions en vue de pousser le processus pour qu’à la fin on nous retourne à « 12 mois », alors qu’il n’y a pas d’envoyé personnel, l’envoyé ne peut pas vous visiter dans les territoires libérés, le poste de Guergarate est toujours actif, la spoliation des ressources continue, la répression continue… Cela est insupportable !

Le peuple sahraoui se prépare pour son congrès, il fait le bilan de la situation pour définir l’option à suivre. Le conflit dure depuis près de 45 ans. 70 % des réfugiés sahraouis sont nés à l’exile. Un mouvement qui garantit la paix et la stabilité dans la région, un mouvement de libération qui ne s’est jamais engagé dans le terrorisme, et n’a jamais menacé d’y faire recours, et depuis 29 ans elle patiente en silence. Qui peut supporter cela ? Cela est dû à l’échec du Secrétariat Général de l’ONU, du Conseil de Sécurité, et de l’UE, c’est cela qui a conduit à cette situation. L’ONU est responsable des conséquences de cette situation et des décisions qui seront prises au Congrès.

Nous ne menaçons pas de retourner à la guerre mais nous exigeons l’application du droit et de la légalité internationales, des résolutions du Conseil de Sécurité, et nous n’acceptons pas les manœuvres tendant à faire perdurer le statu quo. La réponse à ces manœuvres revient au Congrès et aucune option ne doit être exclue.

Nos alliés ont clairement déclaré que la dernière résolution est déséquilibrée et n’a pas pris des décisions susceptibles d’impulser le processus. La Russie a clairement déclaré aux américains et aux français qu’ils ne peuvent pas faire bousculer la carte du Maghreb à leur guise et qu’elle s’opposera à cela. La Chine ne l’a pas dit dans son vote, mais dans son explication de vote. Cela renforce notre position. Malgré leurs menaces et malgré qu’ils sont le porte-plumes, aucune résolution ne peut passer sans l’accord de Mouscou. Les russes refusent que la France fasse ce qu’elle veut de cette région et que le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination soit foulé aux pieds.

Au Conseil de Sécurité, le Sahara Occidental est le seul conflit où la France interdit un débat public. Ses débats sur le Sahara Occidental doivent être faits à huit clos. Depuis 1996 ou 1998, le Conseil n’a jamais envoyé une délégation à la région. Ban Ki-moon a pu nous visiter, le Maroc l’a empêché de visiter les territoires occupés. L’ONU se cache derrière le fait que le conflit soit de basse intensité et nous n’acceptons pas cela. Si nos aînés l’acceptent, ce n’est pas le cas de nos nouvelles générations.

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