chronologie de l’indépendance des pays africains

Décolonisation de l’Afrique : visualisez la chronologie de l’indépendance des pays africains sur notre carte interactive

Jusqu’au milieu du 19e siècle, la présence européenne en Afrique se limite à quelques endroits stratégiques sur les côtes où quelques pays européens pratiquent le commerce. Les marchandises européennes sont troquées contre de l’ivoire ou des esclaves. Peu à peu, la France (Maghreb) et le Royaume-Uni (Corne de l’Afrique) occupent des territoires de plus en plus larges et avancent leurs pions.

Les Portugais et les Néerlandais créent de vraies  » colonies  » au début du 18e sur les côtes de l’Angola et du Mozambique, et au sud de l’Afrique du sud.

Mais à partir des années 1870, les conquêtes coloniales deviennent un enjeu politique majeur et plusieurs grandes puissances d’Europe affichent leur volonté d’étendre leurs zones d’influence vers l’Afrique.

L’exploration du bassin du Congo intéresse le roi des Belges Léopold II qui souhaite y envoyer des expéditions au Congo aux motifs d’y abolir la traite des Noirs et, selon ses termes de l’époque, de « civiliser » le continent africain. Sur place on y exploite le caoutchouc, l’ivoire et les bois précieux, afin de bénéficier d’une « rente coloniale », des rentrées financières importantes, comme les Pays-Bas le faisaient en Indonésie.

Le « partage de l’Afrique » par les puissances européennes
À cette époque, un processus de « partage de l’Afrique » commence et les pays européens avancent leurs pions pour tenter de prendre le contrôle de territoires qui commencent à peine à être explorés par les Blancs. Ce processus qui se poursuit jusqu’à la Première guerre mondiale implique essentiellement la France et le Royaume-Uni mais aussi le Portugal qui échoue à élargir son espace africain.

L’Allemagne, l’Italie, le Portugal, la Belgique et l’Espagne se positionnent également mais de façon moins importante et plus tardive.

Ces puissances européennes voient dans la prise de contrôle de l’Afrique une opportunité économique après la crise engendrée par la Grande Dépression (1873-1896). L’appétit des puissances européennes est stimulé par la découverte de richesses insoupçonnées comme des mines de diamants mais cela crée des tensions entre les pays.

Les frontières de l’Afrique centrale se fixent dans la période entre 1855 et 1905.

La conférence de Berlin
Durant la deuxième moitié du 19e siècle, les frontières de nombreux territoires africains actuels sont définies. Cette division est souvent symbolisée par la Conférence de Berlin (1884-1885), même si cette conférence n’a fait que fixer des règles et n’a pas réellement procédé au partage du continent.

En 1884, les principales puissances européennes se réunissent donc lors de cette Conférence de Berlin. Cette rencontre diplomatique a pour but de trouver un accord sur l’organisation et la collaboration européenne pour se partager l’Afrique.

Quatorze puissances participent aux débats : Allemagne, Autriche-Hongrie, Belgique, Danemark, Empire ottoman, Espagne, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Pays-Bas, Portugal, Russie et Suède. Les peuples et les rois africains sont tenus à l’écart de toutes les discussions.

Les discussions visent notamment à fixer des règles pour la navigation et le commerce ainsi que des modalités d’installation sur les côtes africaines.

Le but est d’éviter une guerre en Afrique entre les différents pays conquérants.

Un cadre officiel à la colonisation et la domination européenne sur l’Afrique
La conférence de Berlin aboutit en 1885 et fixe un cadre officiel à la colonisation et la domination européenne sur le continent africain passe d’une influence militaire et économique à une domination plus directe avec un pouvoir centralisé, une administration.

En 1905, le territoire africain est complètement colonisé par les nations européennes, à l’exception du Liberia et de l’Abyssinie (région de la Corne de l’Afrique). La Grande-Bretagne et la France ont les plus grandes possessions, mais le Portugal, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et la Belgique sont également plus ou moins largement propriétaires de portions du territoire africain.

Cette colonisation et le « partage de l’Afrique » entre les puissances européennes font partie des éléments qui mèneront plus tard à la Première guerre mondiale.

Ce processus se poursuit jusqu’en 1910. Après la Première guerre mondiale, les colonies allemandes sont partagées (1918-1920).

Début du processus de décolonisation
Quarante ans plus tard, le processus de décolonisation s’enclenche peu à peu. L’Afrique a souffert des effets de la colonisation et de l’impérialisme. L’exploitation des ressources naturelles et de la main-d’œuvre locale a induit un bouleversement économique, social et culturel. L’assujettissement politique de certains pays africains à leurs métropoles suscite une défiance croissante dans une frange de l’opinion publique.

Parallèlement à l’expansion des colonies, le transfert d’éléments de la civilisation européenne comme la centralisation de l’Etat ou l’enseignement généralisé ont ouvert de nouvelles perspectives et la volonté d’émancipation grandit.

L’impact de la Seconde guerre mondiale
Lors de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945) plusieurs colonies viennent en aide à leurs colonisateurs. Les combattants africains s’engagent sur le terrain aux côtés de leurs métropoles et les matières premières de l’Afrique servent l’effort de guerre.

Le caoutchouc et divers minerais sont exploités pour produire l’équipement nécessaire aux combats. Alors que l’Asie fait face à une pénurie de caoutchouc, l’Afrique est forcée de compenser ce manque. Mais les Allemands placent des sous-marins dans l’océan Atlantique et cela empêche le transport d’une partie des matières premières vers l’Europe.

Des industries locales sont créées localement en Afrique et prennent de l’ampleur. Cette croissance engendre l’agrandissement et la création de nouveaux quartiers. Avec cette croissance des zones urbaines et de l’industrie, des syndicats sont créés.

L’urbanisation encourage également la lecture et l’écriture, qui favorisent alors la naissance de journaux pro indépendance.

Émergence de leaders indépendantistes et influence des USA
Durant les années 1930, des élites africaines, formées dans les universités occidentales se familiarisent avec des notions comme l’autodétermination. Des leaders d’opinion africains, dont quelques nationalistes, entament la bataille pour l’indépendance de leurs pays.

Parallèlement à ce mouvement, la position des États-Unis devient déterminante sur le plan international depuis la Première Guerre mondiale. D’une manière générale, les États-Unis ont intérêt à démanteler les empires coloniaux britanniques et français qui les empêchent de commercer avec certains pays d’Afrique.

Les USA rejettent aussi, de fait, le principe colonial. Un positionnement qui s’explique par la conquête de leur indépendant lors de leur guerre avec la Grande-Bretagne (1775-1783).

Après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, le président américain Franklin Roosevelt juge que la défaite de la France et que la collaboration du gouvernement de Vichy avec l’Allemagne lui enlève toute autorité politique pour conserver son empire colonial.

En 1941, Roosevelt et le Premier ministre anglais Winston Churchill se rencontrent pour discuter du « monde de l’après-guerre ». La discussion abouti à un texte : la Charte de l’Atlantique. L’une des clauses de ce document, introduite par Roosevelt, indique que les colonies impériales doivent devenir autonomes.

Après la seconde guerre mondiale, la pression est forte sur les épaules des Britanniques afin de se plier aux termes de cette clause de la Charte de l’Atlantique.

Le conflit a consacré cinq vainqueurs principaux. Parmi ces cinq pays, il y a deux puissances coloniales : la France et la Grande-Bretagne. Mais aussi trois puissances anticolonialistes : la Chine mais aussi les deux nouvelles grandes puissances que sont l’URSS et les États-Unis.

Suite au conflit, les colonies africaines sont toujours considérées comme « infantiles » et « immatures ». Les derniers mois de sa vie, Roosevelt est contraint, en raison de considérations de sécurité militaire, de modérer son anticolonialisme. La diplomatie américaine devient plus pragmatique et vis à rassurer ses partenaires occidentaux durant la guerre froide.

Le processus d’indépendance des pays africains, enclenché avec l’appui des États-Unis pour servir ses intérêts, est ralenti. Mais très vite, les nations africaines se lèvent et la Libye obtient son indépendance en 1951. À part les exceptions sud-africaines (1910) et égyptienne (1922), l’indépendance libyenne marque le début d’une vague africaine qui verra, après les années ’60, l’ensemble des pays africains reprendre leur souveraineté, parfois pacifiquement, parfois dans de graves violences avec les forces coloniales.

RTBF.BE, 1 jui 2020

Tags : Belgique, Congo, Patrice Lumumba, Afrique, colonisation, décolonisation,

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