Algérie : Tebboune passe à l’acte

Le dispositif pénal destiné à protéger les professionnels de la santé face à la recrudescence des actes d’agression subis dans le cadre de leurs fonctions, adopté lors du dernier Conseil des ministres, sous la forme d’un projet d’ordonnance modifiant et complétant le code pénal, est entré en application.

Le président de la République, qui a insisté sur la « rigueur et la fermeté » avec lesquelles doivent être appréhendés les actes criminels touchant ces personnels, s’était en effet engagé personnellement durant sa récente rencontre avec des responsables de médias nationaux à agir en toute urgence pour faire face au « phénomène » de violence verbale et physique, subie par les corps médical et les agents hospitaliers, qui, d’ailleurs, ne date pas d’aujourd’hui, sauf qu’il a pris des proportions inquiétantes dans le sillage de la propagation du coronavirus en Algérie. Il avait promis d’assurer la protection des personnels hospitaliers et d’en finir une bonne fois pour toutes avec un comportement des plus méprisables, qui a engendré de graves séquelles physiques et psychologiques au sein d’une corporation, déjà soumise à une forte pression dans le cadre de la lutte contre un virus mortel. Désormais, c’est chose faite.

Toute agression verbale commise contre un membre du personnel de santé est passible d’emprisonnement d’une (1) à trois (3) années. Le texte de loi prévoit par ailleurs des peines de prison de trois (3) à dix (10) ans, pour toute agression physique selon la gravité de l’acte, et pouvant aller jusqu’à la perpétuité en cas de décès de la personne agressée.

En cas de dégâts matériels, la ou les personnes impliquées encourent une peine de prison de deux (2) à dix (10) années, en plus d’une pénalisation financière de l’ordre de trois (3) millions de dinars, à laquelle s’ajoute la demande de réparation présentée par l’établissement où ont eu lieu les dommages. Le président de la République a tenu à ce que les sanctions à l’encontre de toute personne se rendant coupable d’agressions sur les personnels de la santé, soient sévères ; afin que nul n’oserait plus jamais à dépasser les limites que lui imposent la loi.

Abdelmadjid Tebboune a, dans le même contexte, accordé une attention particulière à la nécessité d’imposer des indemnisations aux auteurs de dégradation des biens publics. Aussi le texte de loi est venu mettre en application ses directives. Le même texte vise également à « réprimer les actes d’atteinte à la dignité des patients et au respect dû aux personnes décédées par le biais de la publication d’images et de vidéos » et à « réprimer l’intrusion aux lieux non ouverts aux publics au sein des établissements hospitaliers ».

Pour le docteur Lyes Merabet, les mesures répressives arrêtées par l’Etat, criminalisant les actes de violence contre le personnel hospitalier, sont une partie de la solution ; l’autre partie réside, selon lui, dans l’amélioration des conditions de travail, la réorganisation de l’offre de soins, la mise à niveau des structures de soins, offrant aux malades et à leurs accompagnateurs un espace adapté et enfin la formation du personnel d’accueil. Il a estimé que la question de l’accueil des malades est une des causes de l’agressivité, non justifiée d’ailleurs, dont font preuve certains citoyens.

Mohamed Mebarki

L’Est Républicain, 28 juil 2020

Tags : Algérie, coronavirus, covid 19, pandémie,

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