Algérie : Crainte d’une hausse des cas de Covid

par Abdelkrim Zerzouri


Le coronavirus se porte bien et nous collera encore longtemps auorps. C’est une certitude, il est moins méchant pour le moment mais les saisons d’automne et d’hiver prochains font craindre aux spécialistes une autre vague à venir ou seconde vague, y compris dans les pays qui ont relativement maîtrisé la pandémie. Quand on parle de vague, il y a lieu de faire le lien avec les vagues sur la mer dont l’amplitude augmente puis redescend, et c’est de la même façon qu’on verrait la vague épidémique.

Cependant, si en mer on peut aisément mesurer la puissance des vagues, personne ne sait, par contre, si cette deuxième vague du Covid-19, appréhendée par les spécialistes, serait plus puissante, plus meurtrière, ou moins dangereuse que la première. Les avis des spécialistes divergent sur ce point, autant sur la qualification de deuxième vague que sur son degré ravageur ou plus doux.

Certains affirment qu’aucune définition n’est formelle, tout reste du domaine de l’arbitraire tant qu’on reste dans le domaine théorique, d’autres se réfèrent à l’histoire des épidémies et leur effet dévastateur durant la seconde vague, à l’enseigne de la grippe espagnole, plus mortelle dans sa deuxième vague.

Il y a également ceux qui décrivent toute hausse du nombre de cas comme une deuxième vague, alors qu’il s’agit toujours d’une première vague dont les cas sont mieux cernés grâce à la multiplication des tests, comme on peut le

dire pour le cas de l’Algérie. Des spécialistes soutiennent dans ce contexte que les virus deviennent moins dangereux au fur et à mesure de leur évolution, et qu’une deuxième vague du coronavirus ne serait pas plus grave que la première. Mais tout le monde est d’accord sur le principe que pour parler de deuxième vague, il faut que la première soit terminée et qu’elle soit suivie par une augmentation soutenue des nouveaux cas infectés au Covid-19. Comment cela pourrait-il arriver ?

Tout est lié à une maîtrise de la pandémie dans sa première vague, grâce au confinement, unique moyen de contrôle de la reproduction du coronavirus, et une deuxième vague qui résulterait de l’explosion des cas suite à l’indispensable déconfinement. C’est pourquoi l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de lever progressivement le confinement, jamais plus loin qu’il n’en faut, et mettre en place de nouvelles règles sanitaires comme moyens de lutte contre une deuxième vague (distanciation physique, lavage fréquent des mains au savon et port du masque).

Il est, donc, très important d’insister sur ces moyens de lutte contre le Covid-19, en attendant la mise au point du vaccin, pour se prémunir contre une deuxième vague et un retour obligatoire au confinement qui serait, en sus d’un retour à l’urgence sanitaire, ravageur sur les plans psychologique et économique.

En Algérie, donc, on devrait effectivement craindre une hausse des cas infectés au Covid-19 après l’Aïd El Adha, comme ce fut le cas après l’Aïd El Fitr, mais est-ce pour autant le cas de parler d’une deuxième vague ? On n’est pas encore arrivé là. Il faut la prévenir, certes, mais le plus urgent pour le moment est d’insister sur les moyens de protection et prendre soin du personnel soignant, au sein duquel la première vague des infections commence à se faire sentir et risque tout simplement d’anéantir tous les efforts.

Le Quotidien d’Oran, 1 juil 2020

Tags : Algérie, covid 19, coroanvirus, pandémie, confinement,

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