L’Algérie appelle à la nomination du représentant personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental

Des positions constantes : Soutenir les causes justes à travers le monde

L’Algérie œuvre à établir et à renforcer les principes de respect de la souveraineté des Etats , de non-ingérence dans leurs affaires internes, de règlement pacifique des conflits, de bon voisinage et de consolidation des liens de coopération internationale dans tous les domaines.

E Forum du journal «Echaâb» a invité, le 11 juillet 2020, le ministre des Affaires étrangères, M. Sabri Boukadoum, qui a évoqué l’ensemble des questions présentant un intérêt particulier pour la politique extérieure de l’Algérie et ses fondements ainsi que les positions de l’Etat algérien sur nombre de questions régionales et internationales. Il a également mis l’accent sur un point essentiel, selon lequel la politique extérieure algérienne est étroitement liée à la politique de défense du pays. Des cadres et professeurs universitaires en sciences politiques, en relations internationales et en droit ainsi que des cadres de divers corps sécuritaires et des journalistes de différents organes de presse ont assisté au forum.

Fondements et principes de notre politique étrangère

A l’entame, le ministre a évoqué les référents de la politique étrangère algérienne qui puise sa force morale et son esprit des références de l’institution de l’Etat algérien, fondées sur les hauts faits de la lutte du peuple algérien dont nous venons, il y a quelques jours, de célébrer l’anniversaire du recouvrement de la souveraineté nationale. A ce titre, il a tenu à souligner que la politique étrangère de notre pays, conduite, conformément à la Constitution algérienne, par le président de la République, est fondée sur les idéaux suprêmes énoncés dans la proclamation du 1er Novembre 1954 et consacrée également par les différentes constitutions qui se sont succédées. L’Algérie veille toujours à consacrer les principes de respect de la souveraineté des Etats, de non-ingérence dans leurs affaires internes, de règlement pacifique des conflits, de bon voisinage et de consolidation des liens de coopération internationale dans tous les domaines, outre le soutien aux causes justes dans le monde et l’édification d’un ordre mondial plus juste et plus équitable.

M. Sabri Boukadoum a rappelé le lien entre le passé honorable du peuple algérien et son présent, marqué par cet évènement qui a unifié les cœurs des Algériens, heureux du rapatriement, le 3 juillet 2020, des restes de nos valeureux Chouhada de la résistance populaire. Il a ajouté que «le processus se poursuivra à l’avenir grâce à la mobilisation de tous les acteurs concernés par le parachèvement des étapes restantes dans le dossier de la mémoire nationale, qui comporte trois points principaux : la récupération de tous les restes des Martyrs de la résistance populaire et de la Révolution de libération, la restitution de l’archive et le dossier des explosions nucléaires effectuées par la France coloniale en Algérie. A la lumière des principes susmentionnés, le ministre a affirmé que l’Algérie a adopté une approche globale et pragmatique dans son interaction avec les derniers développements survenus sur les scènes régionale et internationale, à travers le règlement pacifique des crises et le traitement exhaustif de leurs causes profondes, par le renforcement des efforts de développement et l’établissement de relations basées sur le respect mutuel et les intérêts communs.

Principes sur lesquels repose l’approche algérienne pour le règlement de la crise libyenne

Le ministre des Affaires étrangères, M. Sabri Boukadoum, a rappelé qu’au regard de la profondeur des liens historiques et géographiques qui unissent les deux peuples frères algérien et libyen, notamment à travers le soutien apporté par le peuple libyen au peuple algérien contre le colonialisme français lors de la Révolution libératrice, l’Algérie estime qu’il est de son devoir de soutenir, à son tour, la Libye durant cette crise qui la secoue depuis 2011. En ceci, elle œuvre, en coordination avec les différentes parties concernées par la question libyenne, en particulier les pays du voisinage, en vue de parvenir, dans les plus brefs délais, à une solution assurant le rétablissement de la paix et de la stabilité dans ce pays frère. Dans ce cadre, l’intervenant a rappelé les propos du président de la République, Monsieur Abdelmadjid Tebboune, lors de la conférence de Berlin sur la Libye, qui avait affirmé la disponibilité de l’Algérie à abriter des rencontres entre les frères libyens pour reprendre l’opération politique, sous l’égide de l’ONU et dans le respect total de la volonté politique du peuple libyen. Comme il a indiqué que l’Algérie a tenu, le 23 janvier 2020, une réunion consultative des ministres des Affaires étrangères des pays voisins de la Libye pour trouver des solutions et mettre fin à la souffrance du peuple libyen. L’Algérie a mis en exergue, lors de cette réunion, l’importance de la préservation de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de la Libye, appelant les belligérants à revenir au processus politique, sous l’égide de l’ONU, en adoptant le dialogue inclusif. Elle a affirmé également que la sécurité et la stabilité de la Libye, faisant partie de son pourtour géographique, constitue une priorité absolue pour sa sécurité nationale et toute menace extérieure contre ce pays frère vise, en premier lieu, sa propre sécurité et sa stabilité.

L’approche adoptée par l’Algérie, en coordination et en concertation avec les pays du voisinage, vise à mettre un terme à toute forme d’escalade et à réunir les frères libyens autour d’une même table de dialogue, loin de toute ingérence étrangère. Elle estime que ce processus doit commencer par un cessez-le-feu, loin des règlements de comptes conjoncturels pour recouvrer la confiance entre les parties libyennes, à même d’engager un dialogue regroupant les différentes composantes du peuple libyen en vue de restaurer la paix et réaliser ainsi les attentes de ce peuple frère. A ce propos, le ministre des Affaires étrangères a réaffirmé que l’Algérie reste à équidistance des belligérants libyens, en les exhortant à l’adhésion au processus de règlement politique plébiscité par le peuple libyen et ce, à travers une large concertation appuyée par les pays du voisinage sous l’égide des Nations unies.

Question palestinienne : position constante et ferme de l’Algérie

M. Sabri Boukadoum a réaffirmé la position constante de l’Algérie visà-vis de la cause palestinienne qui traverse une nouvelle fois une période difficile, soulignant le rejet par l’Algérie de toute démarche visant à confisquer les droits légitimes du peuple palestinien, notamment le droit à l’établissement d’un Etat indépendant avec El Qods pour capitale. Il a également salué la position internationale rejetant les plans israéliens d’annexion de parties de la Cisjordanie occupée, appelant à la prise de mesures coercitives et concrètes pour mettre fin à cette violation systématique. Situation sécuritaire au Mali Le ministre des Affaires étrangères, M. Sabri Boukadoum, a affirmé que l’Algérie accorde un intérêt majeur au dossier malien à travers ses efforts déployés dans le cadre de sa présidence du Comité de suivi de l’accord de paix et de réconciliation au Mali, soulignant qu’elle œuvre à l’accompagnement et à l’encouragement des parties maliennes pour la mise en œuvre de toutes les clauses de l’accord de paix et de réconciliation, de manière à permettre à l’Etat malien de préserver sa souveraineté et d’instaurer la sécurité dans les quatre coins du pays. Il a également mis en avant la stratégie de l’Algérie visant le renforcement de la coopération et du développement dans le Sahel, à travers la solidarité effective et palpable avec les pays de la région pour renforcer leurs capacités dans tous les domaines.

Situation au Sahara occidental

Comme il l’avait déjà déclaré à maintes reprises, M. Sabri Boukadoum a mis l’accent sur la nécessité de surmonter le statu quo marquant actuellement le processus de règlement de la question du peuple sahraoui pour mettre un terme à sa souffrance, en lui permettant d’exercer son droit légitime à l’autodétermination dans le cadre de la Minurso, réitérant, à l’occasion, son appel à la nomination d’un représentant personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental «dans les brefs délais».

Coopération internationale

Concernant la coopération internationale, M. Sabri Boukadoum a souligné que le processus de renouveau que connaît aujourd’hui la diplomatie algérienne dans le contexte des mutations en cours dans le pays, aura inéluctablement un impact positif sur les efforts du développement national à travers le renforcement de la coopération bilatérale avec les différents partenaires par l’attraction des investissements et la diversification de l’économie nationale, dans le cadre de relations équilibrées basées sur le principe gagnant-gagnant et le respect mutuel. Dans ce contexte, il a rappelé les relations de partenariat entre l’Algérie et l’Union européenne (UE), soutenues par plusieurs mécanismes de coopération et de dialogue en Méditerranée, outre sa volonté de poursuivre les efforts pour relever les défis communs dans divers domaines économiques, humanitaires et sociaux ainsi qu’environnementaux.

L’Algérie qui a, de tout temps, milité pour un ordre mondial multipartite plus juste et plus équitable, continue à œuvrer pour la promotion et la réforme du système de gouvernance internationale. Ce qui explique ses efforts sur le plan régional pour contribuer efficacement au processus de réforme de l’ONU, à même de lui permettre d’assumer ses responsabilités en termes de maintien de la paix et de la sécurité et de consolidation de la coopération internationale, à la faveur d’une représentation juste et équitable, plus valorisante pour les pays du Sud, qui s’inscrit dans le cadre de la position africaine unifiée.

L’Algérie est entièrement convaincue que la réussite de cette démarche exige principalement le renforcement de la coopération Sud-Sud et l’accélération de la cadence d’intégration continentale et régionale, comme l’atteste l’engagement de l’Algérie au titre du processus d’application de l’Agenda de l’UA et la poursuite de l’application des différents projets d’intégration au niveau continental.

Revue El Djeich, août 2020

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